Le Conseil national de la transition (CNT) présente un projet de loi de finances 2026 marqué par une orientation claire : maintenir le déficit budgétaire en dessous du seuil de 3 % du produit intérieur brut (PIB), conformément aux objectifs de stabilité macroéconomique affichés par les autorités.
Selon le rapport de la Commission du Plan, des Affaires financières et du Contrôle budgétaire, le déficit est projeté à –2,07 % du PIB en 2026, contre –3,08 % en 2025, traduisant une volonté de réduction du déséquilibre budgétaire.
Des équilibres budgétaires sous tension
Les grandes masses budgétaires indiquent :
55 858,09 milliards GNF de recettes,
64 181,36 milliards GNF de dépenses,
soit un déficit global de –8 323,27 milliards GNF.
Ce niveau de déficit, bien qu’en recul relatif, reste dépendant de la capacité de l’État à mobiliser efficacement ses ressources internes et à contenir ses charges.
Une stratégie de financement basée sur l’endettement intérieur
Pour couvrir ce déficit, le gouvernement prévoit plusieurs mécanismes de financement. Il s’agit notamment :
- d’un emprunt obligataire estimé à 2 700 milliards GNF,
- d’obligations du Trésor à hauteur de 5 347,44 milliards GNF,
- et d’émissions de titres d’État évaluées à 2 000 milliards GNF.
Ces instruments traduisent un recours important au marché financier domestique.
Des réserves exprimées par le CNT
Malgré ces prévisions, le CNT émet des réserves sur la stratégie retenue. L’institution souligne les difficultés liées à la mobilisation de financements à long terme dans un contexte de rareté des ressources sur les marchés financiers.
Elle recommande ainsi au gouvernement de réorienter sa stratégie vers des instruments à court terme, afin de limiter la pression sur le système bancaire et de préserver la capacité de financement du secteur privé.
Par ailleurs, le CNT insiste sur la nécessité de renforcer la sincérité budgétaire, en appelant à davantage de prudence dans les prévisions et à un encadrement strict des émissions de titres publics.
Un équilibre à consolider
À travers ces observations, le rapport met en lumière un équilibre budgétaire en amélioration, mais encore soumis à des contraintes structurelles. Le maintien du déficit sous le seuil des 3 % apparaît ainsi comme un objectif central, dont la réalisation dépendra de la rigueur dans l’exécution budgétaire et de l’efficacité des mécanismes de financement mis en œuvre.
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