Ce vendredi 3 avril 2026, des jeunes de Boké ont manifesté devant la préfecture pour exprimer leur opposition à la présence d’anciens responsables sur les listes électorales en vue des prochaines élections communales. Mot d’ordre : « À bas les anciens maires ».

« Boké mérite mieux. » Le slogan, scandé dès l’aube, en dit long sur l’exaspération d’une jeunesse qui n’en peut plus de voir toujours les mêmes têtes revenir aux affaires.
Ils étaient là tôt dans la matinée. Ce vendredi 3 avril 2026, des jeunes de Boké se sont rassemblés devant la préfecture. Munis de pancartes, ils ont scandé des slogans sans détour : « À bas les anciens maires », « Nous voulons des jeunes à la tête de la commune », ou encore « Boké mérite mieux ». Les manifestants dénoncent ce qu’ils qualifient de « recyclage politique ». Leur message est clair : ils ne veulent plus voir les anciens dignitaires ayant déjà occupé des postes de responsabilité diriger à nouveau la commune.

L’attroupement s’est tenu dans une atmosphère tendue mais sans violence, sous la surveillance des autorités locales.
« Nous sommes là aujourd’hui pour revendiquer un changement. Boké mérite mieux. Nous avons des cadres jeunes, compétents, capables de contribuer à l’émancipation de notre ville. Mais pendant ce temps, certains anciens responsables, qui ont été maires, députés ou préfets pendant de longues années sans résultats visibles, cherchent encore à se maintenir. Ils ont constitué des listes en catimini, en excluant ceux que la population considère comme crédibles », a déclaré l’un des manifestants qui requis l’anonymat

Il a également contesté la présence de certains anciens responsables sur les listes : « Celui qui est censé être arbitre est entré dans le jeu. Notre ancien maire, qui a déjà exercé deux mandats et occupé d’autres fonctions, ne peut pas continuer à diriger. Il a fait son temps. Nous voulons faire le nôtre. Quant à certains doyens, ils peuvent être de bons conseillers, mais ils ne peuvent plus porter les responsabilités actuelles. »
Parmi les manifestants, un jeune homme venu du quartier Corérah, a également exprimé son indignation : « Ce que nous voyons à Boké est incompréhensible. Ce sont toujours les mêmes anciens cadres qui veulent revenir. La jeunesse n’accepte pas cela. Nous sommes sortis pour exprimer notre ras-le-bol de manière pacifique et faire comprendre aux autorités que la population ne partage pas cette logique. Nous faisons confiance aux jeunes candidats. »
Face à cette mobilisation, les autorités préfectorales n’ont pas encore officiellement réagi. Toutefois, certaines sources indiquent que des discussions pourraient être engagées entre les représentants des jeunes et les responsables administratifs afin d’apaiser les tensions.
Cette sortie de la jeunesse de Boké traduit une volonté croissante de renouvellement de la classe politique locale. Dans une ville où les promesses de développement ont souvent nourri plus d’attentes que de réalisations, les « éternels revenants » feraient bien de tendre l’oreille. Car le ras-le-bol, lui, ne compte plus ses mandats.
Amadou Oury Coumbassa, pour Laguinee.info





