La montagne d’ordures de Dar-Es-Salam a de nouveau cédé. Dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août 2026, une importante masse de déchets s’est détachée de la décharge avant de s’abattre sur des habitations situées à proximité. Plusieurs personnes seraient ensevelies sous les décombres. Le bilan humain reste, pour l’heure, inconnu.
Un immeuble de type R+3, qui servait notamment d’habitation, s’est affaissé sous l’effet de l’éboulement. Des engins et des machines ont été mobilisés pour dégager les lieux et rechercher d’éventuelles victimes.
Au pied de la montagne d’ordures, les familles attendent. Certaines cherchent encore des proches dont elles sont sans nouvelles.
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Selon les informations rapportées par Mosaïque Guinée, Mohamed Camara, domicilié à Dabondy, est notamment à la recherche de ses deux enfants. Ceux-ci vivaient avec leur mère dans l’immeuble qui s’est effondré. Très ému, le père de famille appelle les secours à poursuivre les recherches, dans l’espoir de retrouver ses enfants, même s’il ne devait rester que leurs corps.
Le drame intervient alors que notre rédaction avait déjà documenté, au début du mois, la situation de cette décharge et les risques auxquels sont confrontées les populations riveraines.
Une montagne d’ordures au milieu des habitations
Le 4 août dernier, Laguinee.info s’était rendu à Dar-Es-Salam pour constater la situation autour de la décharge.
Sur place, les déchets formaient une véritable montagne. À quelques mètres, des habitations étaient installées dans un environnement marqué par les mauvaises odeurs, les fumées et les eaux de ruissellement.
La saison des pluies rendait la situation encore plus préoccupante.
Les eaux traversaient les déchets avant de poursuivre leur chemin vers les zones habitées. Elles entraînaient avec elles des détritus et de la boue, accentuant les difficultés auxquelles sont confrontés les riverains.
Le reportage avait également montré la présence de personnes qui travaillent directement sur la décharge pour récupérer des matériaux valorisables.
Dans cet environnement, la question sanitaire était déjà préoccupante.
Mais derrière l’insalubrité se dessinait un autre problème : celui de la sécurité.
Une importante masse de déchets se trouvait à proximité immédiate de zones habitées. La séparation entre la décharge et les habitations apparaissait de plus en plus difficile à maintenir.
Quelques jours plus tard, la fermeture du site se précise
Le 9 août, notre rédaction était revenue sur le dossier.
Cette fois, l’actualité portait sur la préparation de la fermeture de la décharge de Dar-Es-Salam.
Une mission technique avait été engagée afin de préparer les opérations nécessaires à la fermeture et à la réhabilitation du site. Les techniciens devaient notamment procéder à des relevés et recueillir des données permettant de mieux connaître la configuration des lieux.
Cette étape devait permettre aux autorités de disposer d’éléments techniques avant les prochaines interventions.
Le processus de fermeture était donc en préparation.
Mais entre les études, les décisions et les travaux, les populations continuaient de vivre à proximité de la montagne d’ordures.
Et le risque, lui, n’attend pas la fin d’une procédure administrative.
Le drame intervient avant la fermeture effective
C’est précisément ce qui donne au nouvel éboulement une portée particulière.
Les autorités avaient engagé une démarche pour tourner la page de la décharge.
Notre rédaction avait documenté cette évolution.
Mais avant que la fermeture ne soit pleinement effective, une partie de la montagne d’ordures s’est effondrée.
Il serait prématuré d’établir un lien direct entre les démarches engagées et l’éboulement. Les circonstances précises du drame devront être établies.
Mais une réalité est désormais difficile à ignorer : les populations restent exposées tant que la décharge n’est pas effectivement sécurisée.
Un immeuble R+3 emporté
Selon Mosaïqueguinee.com, l’éboulement a atteint plusieurs habitations.
Un immeuble de type R+3 s’est notamment affaissé. Des personnes pourraient encore se trouver sous les décombres.
Les opérations de dégagement sont donc devenues une course contre le temps.
Les machines doivent permettre de déplacer les amas de déchets et d’atteindre les zones où des personnes pourraient être ensevelies.
Mais ces opérations ne sont pas sans difficulté. La présence d’une importante masse d’ordures et l’instabilité du terrain compliquent nécessairement l’intervention des secours.
Pour les familles, chaque minute compte.
Un père à la recherche de ses deux enfants
Au milieu des opérations, la détresse des familles donne un visage humain au drame.
Mohamed Camara est sans nouvelles de ses deux enfants. Ils vivaient avec leur mère dans l’immeuble qui s’est affaissé.
Au pied de la montagne d’ordures, il attend des nouvelles.
Son témoignage rapporté par notre source traduit l’angoisse des familles confrontées à l’incertitude. Il demande que les recherches se poursuivent pour retrouver ses enfants.
Derrière le bilan qui sera finalement communiqué, il y aura donc des familles qui devront attendre l’issue des opérations de secours pour connaître le sort de leurs proches.
Les pluies compliquent davantage la situation
Le contexte météorologique ajoute une autre difficulté.
Notre rédaction avait déjà constaté, au début du mois, les effets des eaux de pluie autour de Dar-Es-Salam.
Le 3 août, Laguinee.info avait notamment rapporté que les eaux avaient transporté des déchets jusque dans le cimetière de Dar-Es-Salam 2.
Des détritus et de la boue avaient envahi certaines parties du site. Cette situation témoignait de la capacité des eaux de ruissellement à déplacer les déchets au-delà de leur zone d’accumulation.
Quelques semaines plus tard, l’éboulement donne une nouvelle dimension à cette vulnérabilité.
La décharge ne concerne plus seulement les déchets
À Dar-Es-Salam, le problème dépasse donc désormais la question de la collecte des ordures. Il concerne l’environnement, l’habitat, la sécurité et l’aménagement urbain.
Une décharge située à proximité d’habitations crée nécessairement une cohabitation difficile. Lorsque les déchets s’accumulent pendant des années, la masse devient considérable.
Et lorsque les populations construisent autour du site, le risque ne concerne plus seulement les personnes qui travaillent dans la décharge.
Il concerne également les familles installées à proximité.
Le nouvel éboulement vient brutalement le rappeler.
Que se passera-t-il après les opérations de secours ?
Pour l’heure, les recherches constituent la priorité. Il faut retrouver les personnes qui pourraient encore être sous les décombres. Il faut prendre en charge les éventuels survivants. Il faut également sécuriser la zone afin d’éviter un autre accident pendant les opérations.
Mais lorsque les machines s’arrêteront, une autre étape commencera. Que faire de la montagne d’ordures ?
La fermeture annoncée doit désormais être accompagnée de mesures concrètes de sécurisation. Car le problème ne disparaîtra pas simplement avec une décision administrative.
Il faudra aussi prendre en compte les populations qui vivent dans l’environnement immédiat du site.
Le risque ne disparaît pas avec une annonce
La fermeture d’une décharge est une opération complexe.
Elle suppose de traiter l’existant, de sécuriser le terrain et d’empêcher que de nouvelles accumulations de déchets ne se produisent.
Elle suppose également de proposer une solution durable pour recevoir les déchets produits quotidiennement par Conakry.
Sinon, le risque pourrait simplement changer de lieu. Dar-Es-Salam pose donc une question plus large : où et comment gérer les déchets d’une capitale en pleine expansion ?
Le nouvel éboulement ne permet pas encore de répondre à cette question.
Il rappelle cependant son urgence.
De l’alerte au drame
La chronologie des dernières semaines est révélatrice.
Le 3 août, notre rédaction rapportait les déchets entraînés par les eaux vers le cimetière de Dar-Es-Salam 2.
Le 4 août, notre reportage décrivait la montagne d’ordures et sa proximité avec les habitations.
Le 9 août, nous revenions sur la préparation de la fermeture de la décharge.
Dans la nuit du 22 au 23 août, une partie de cette montagne s’est effondrée sur des habitations, selon les informations rapportées par nos confrères de Mosaïqueguinee.com.
Cette succession d’événements ne permet pas d’affirmer que le drame était prévisible dans ses circonstances précises. Elle montre cependant que le problème de Dar-Es-Salam était déjà identifié et faisait l’objet d’une démarche de traitement avant ce nouvel accident.
Aujourd’hui, l’urgence est humaine.
Demain, elle sera aussi politique, environnementale et urbaine.
À Dar-Es-Salam, la question n’est donc plus seulement de savoir quand la décharge sera fermée. Il faut désormais savoir comment protéger ceux qui vivent encore à ses pieds jusqu’à sa fermeture effective.
Et surtout, éviter que la montagne d’ordures ne devienne une nouvelle fois une montagne de victimes.
Laguinee.info





