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Neuf mois de cours, douze mois de dépenses : le défi des enseignants du privé

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Quand les salles de classe ferment pour les vacances, certains enseignants du privé voient également leur principale source de revenus s’interrompre. À Conakry, plusieurs d’entre eux expliquent devoir s’organiser autrement pour faire face aux dépenses courantes pendant cette période.

Dans plusieurs établissements privés, les enseignants ne perçoivent pas de salaire durant les vacances scolaires. Une situation qui s’explique notamment, selon certains d’entre eux, par les modalités des contrats de travail, souvent établis sur la période des cours.

Sanoh Ibrahima, professeur de philosophie, enseigne depuis onze ans dans plusieurs écoles privées de la capitale, notamment au GS Mouctar Diallo de Sangoya, à Saint Christine, Hamas et Phoenix. Il évoque les difficultés rencontrées par les enseignants durant les vacances.

« Nous, les enseignants du privé, on souffre. Il n’y a qu’une minorité d’écoles privées qui donnent des primes aux enseignants pendant les vacances. Certaines écoles ont du mal à payer toute l’année scolaire. Donc, les vacances restent forcément non rémunérées pour ces écoles », explique-t-il.

Sékou Yansané, enseignant au GS IBK Plus depuis deux ans, indique que son contrat couvre les neuf mois de cours.

« Nous signons un contrat au début de l’année, celui de neuf mois de cours, et donc nous sommes payés que pour ces neuf mois », affirme-t-il.

Pendant les vacances, certains enseignants cherchent donc d’autres activités pour compléter leurs revenus. Ibrahima  Sanoh indique notamment avoir participé à la mise en place d’un club scientifique destiné aux candidats aux examens à Simanbossia.

« Pour faire face au coût du logement et à certaines dépenses pendant les vacances, nous avons mis en place un club scientifique pour les candidats », explique l’enseignant.

D’autres enseignants disent ne pas avoir d’activité durant cette période. C’est le cas de Moussa Kaba, qui affirme compter sur les ressources qu’il a pu prévoir pendant l’année scolaire.

« De mon côté, je n’ai aucune activité pendant ces vacances. Je vis selon mes maigres moyens que j’ai planifiés depuis l’année scolaire en cours », témoigne-t-il.

Selon lui, cette absence de revenus peut également compliquer la prise en charge des dépenses familiales, notamment lorsque des charges imprévues surviennent.

Face à cette situation, certains enseignants cherchent également à multiplier leurs possibilités dans le secteur public. Sékou Yansané affirme ainsi exercer dans une école publique, sans rémunération, afin de rester en position de bénéficier d’une éventuelle opportunité d’intégration à la fonction publique.

« Moi, par exemple, en plus des écoles privées, j’évolue aussi dans le public, même si je ne suis pas payé. Comme ça, quand une opportunité d’intégration à la Fonction publique se présente, je pourrais en profiter », explique-t-il.

Les enseignants interrogés souhaitent une amélioration de leurs conditions durant les périodes de vacances. Ils appellent notamment les responsables des établissements privés à envisager le versement d’une partie de leur rémunération pendant cette période.

Ils demandent également aux autorités de veiller au respect des dispositions encadrant les relations de travail dans les établissements privés.

Pour l’heure, les témoignages recueillis mettent en évidence une difficulté récurrente pour certains enseignants du privé : l’interruption de leurs revenus pendant les vacances, alors que leurs dépenses quotidiennes se poursuivent.

Ramatoulaye Yacine Baldé, Stagiaire pour Laguinee.info 

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