Il est 13 heures ce samedi 8 août 2026 au marché de Koloma. Sous la chaleur de l’après-midi, les allées sont animées. Les clients circulent entre les étals, s’arrêtent devant les marchandises et demandent les prix. Parmi les produits exposés, les fruits attirent particulièrement l’attention.

© Mamadou Oury Diallo, Stagiaire pour Laguinee.info — 8 août 2026
Ananas, bananes, oranges, mangues… Les étals sont colorés et bien garnis. Mais derrière cette abondance, le prix constitue parfois un frein pour les consommateurs.
Devant un étal, une vendeuse présente ses ananas. Un petit fruit est vendu à 20 000 francs guinéens. Pour un ananas plus gros, le prix peut monter jusqu’à 40 000 francs guinéens.

Le client qui s’arrête devant l’étal ne regarde donc pas seulement la qualité ou la taille du fruit. Il doit aussi penser à ce qu’il lui reste dans la poche et aux autres dépenses de la journée.
Lors de notre passage, plusieurs vendeuses ont accepté que leurs étals soient filmés. Elles n’ont toutefois pas souhaité apparaître à l’image pour répondre aux questions sur leur activité et sur l’évolution des prix. Le constat reste néanmoins visible : les fruits sont disponibles, mais leur prix peut représenter une dépense importante pour certains ménages.

Des achats qui passent après les priorités
Dans les familles disposant de revenus modestes, le budget alimentaire est souvent partagé entre plusieurs besoins. Riz, huile, condiments, transport, loyer, frais scolaires ou soins de santé occupent une place importante dans les dépenses quotidiennes.
Dans ces conditions, les fruits peuvent être achetés moins souvent. Certains ménages peuvent privilégier les produits considérés comme indispensables et réduire les achats de fruits lorsque le budget ne permet pas de tout prendre.

Le problème est que ces aliments ne sont pas sans importance pour la santé. Les spécialistes de la nutrition soulignent que les fruits contribuent à une alimentation diversifiée. Ils apportent notamment des vitamines, des minéraux et des fibres nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme. Leur consommation régulière participe donc à l’équilibre de l’alimentation.

Mais pour les familles qui disposent de peu de moyens, la question n’est pas toujours de savoir ce qui est bon pour la santé. Il faut d’abord savoir ce que le budget permet d’acheter.
Entre recommandations nutritionnelles et réalité du portefeuille
Au marché de Koloma, le contraste est frappant. Les fruits sont exposés à quelques mètres des passants. Ils sont disponibles et prêts à être achetés. Pourtant, tous les clients ne disposent pas des mêmes moyens pour en profiter.

À 20 000 francs guinéens le petit ananas, la dépense peut déjà peser dans le budget d’une famille modeste. À 40 000 francs guinéens pour un fruit plus gros, elle devient encore plus difficile à intégrer lorsque plusieurs autres dépenses attendent.
Le constat ne signifie pas que toutes les familles modestes renoncent aux fruits. Il montre plutôt que leur consommation peut être influencée par le pouvoir d’achat et les priorités du ménage.
À Koloma, ce samedi après-midi, les couleurs des fruits continuent d’attirer les regards. Les vendeuses attendent les clients. Certains achètent. D’autres demandent le prix avant de repartir.
Derrière ces gestes ordinaires se pose une question plus large : comment permettre aux ménages les moins aisés d’avoir accès à une alimentation diversifiée lorsque le prix de certains aliments importants pour la santé devient difficile à supporter ?
Mamadou Oury Diallo, Stagiaire pour Laguinee.info





