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« Je vends des vêtements pour financer ma carrière musicale » : le pari de Big Malz, 20 ans

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Le jour, Big Malz accueille des clients dans une boutique de vêtements. Le soir, il écrit, enregistre et prépare ses projets musicaux. Faute de vivre de sa passion, ce jeune artiste guinéen multiplie les activités pour financer lui-même sa carrière. Entre commerce, études et musique, il tente de transformer son rêve en réalité.

Mamadou Maladho, alias Big Malz, artiste en herbe

Derrière le comptoir d’une boutique de vêtements, Mamadou  Maladho, 20 ans, alias Big Malz reçoit les clients, range les articles et conseille les acheteurs. À première vue, rien ne laisse penser que ce jeune commerçant est aussi un artiste. Pourtant, dès qu’il quitte son lieu de travail, il retrouve les studios d’enregistrement et les scènes où il espère un jour se faire un nom.

Passionné de musique depuis son enfance, il nourrit l’ambition de construire une véritable carrière artistique. Mais comme beaucoup de jeunes artistes guinéens, il ne peut pas compter uniquement sur la musique pour vivre.

« Je suis étudiant et, en parallèle, je fais de la vente de vêtements ainsi que d’autres activités pour financer mes sons et mes clips », explique-t-il.

Pour lui, chaque vente réalisée dans la boutique représente une contribution au financement de ses projets musicaux.

Une passion qui coûte cher

Selon Big Malz, produire une chanson demande des moyens importants. Entre l’enregistrement, le mixage, le mastering, la réalisation des clips et la promotion, les dépenses s’accumulent rapidement.

« Tout dépend de la qualité que tu recherches. Plus tu veux un bon résultat, plus les coûts augmentent. Et après tout cet investissement, rien ne garantit que tu vas récupérer ton argent », confie-t-il.

Cette réalité pousse de nombreux artistes émergents à exercer une autre activité afin de financer eux-mêmes leur carrière.

Le piratage, un autre obstacle

Au manque de financement s’ajoutent les difficultés liées à la protection des œuvres musicales.

Il affirme avoir déjà été confronté au piratage de ses comptes sur les plateformes numériques

« Le piratage et le manque de protection des droits d’auteur ont un impact considérable. J’ai vu mes comptes se bloquer sans connaître la raison. Beaucoup d’artistes voient aussi leurs œuvres circuler sans en tirer de véritables bénéfices », déplore-t-il.

Selon lui, ces difficultés découragent parfois les jeunes artistes qui investissent leurs propres ressources dans leurs productions.

Entre réalité et ambition

Pour certaines personnes, exercer un métier parallèle ne correspond pas à l’image qu’elles se font d’un artiste. Big Malz, lui, assume pleinement ce choix.

« Ma passion est ma première motivation. Il n’y a pas beaucoup de maisons de production capables de financer une carrière musicale. Alors je préfère travailler pour réaliser moi-même mes projets », affirme-t-il.

Malgré les longues journées passées entre les études, le commerce et la musique, il garde les yeux tournés vers l’avenir.

« Mon plus grand rêve est de remplir le stade Général Lansana Conté de Nongo devant des milliers de personnes », confie-t-il avec conviction.

Le parcours de Big Malz illustre la réalité de nombreux jeunes artistes guinéens. En attendant de vivre pleinement de leur musique, ils multiplient les activités pour continuer à créer. Entre les exigences du quotidien et la poursuite de leurs ambitions, ils avancent avec l’espoir que leurs efforts finiront par porter leurs fruits.

 

Mamadou Lamarana Diallo, Stagiaire,  pour Laguinee.info 

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