L’organisation Tournons La Page (TLP-Guinée) a lancé ce lundi 8 juin 2026 une alerte urgente sur la disparition d’Amadou Bella Diallo, jeune commerçant de la commune urbaine de Kagbelen, interpellé le 4 novembre 2025 par des éléments de la CMIS N°22 et introuvable depuis. Sept mois après les faits, sa famille est sans nouvelles. Deux services du ministère de la Sécurité se renvoient la responsabilité sans fournir d’explication. TLP-Guinée exige une enquête immédiate.
Il a été embarqué dans un véhicule. Personne ne sait où il est. Et cela dure depuis sept mois.
Les faits : une interpellation, puis le silence
Le 4 novembre 2025, aux alentours de 9h-10h, Amadou Bella Diallo est interpellé à la Cimenterie, dans la commune de Kagbelen, par des éléments de la Compagnie Mobile d’Intervention et de Sécurité N°22. Il est embarqué dans un véhicule pour une destination inconnue. Sa famille ne le reverra plus.
Depuis lors, les démarches entreprises par les proches du jeune commerçant et les citoyens de Kagbelen n’ont abouti à aucune réponse satisfaisante. La CMIS affirme avoir transféré Amadou Bella Diallo à la Direction de la Police Judiciaire (DPJ) le soir même de son interpellation. La DPJ, elle, soutient qu’il n’y a jamais été enregistré.
Entre ces deux affirmations contradictoires, un être humain a disparu.
TLP-Guinée dénonce une détention extrajudiciaire
Saisie par un groupe de citoyens de Kagbelen, la Coordination nationale de TLP-Guinée qualifie la situation d’« enlèvement arbitraire suivi de détention extrajudiciaire, contraire à la Constitution et aux engagements internationaux de la Guinée ».
L’organisation dénonce également ce qu’elle appelle un « jeu de ping-pong administratif entre la CMIS N°22 et la DPJ, qui nie à une famille son droit fondamental de savoir où se trouve son fils ». Elle pointe enfin « le silence de la Direction Générale de la Police, qui a l’obligation de protéger et de rendre compte ».
Trois exigences précises
TLP-Guinée formule, au nom des citoyens de Kagbelen, trois demandes claires : que la Direction Générale de la Police communique immédiatement des informations précises sur le lieu de détention d’Amadou Bella Diallo ; que la DPJ et la CMIS N°22 ouvrent leurs registres et assument leurs responsabilités devant la loi et devant le peuple ; que le Procureur de la République ordonne sans délai une enquête rapide, indépendante et transparente pour situer toutes les responsabilités.
Un État de droit interpellé
La Coordination nationale de TLP-Guinée conclut son communiqué par un rappel de principe fondamental : « L’État de droit repose sur la protection de chaque citoyen et le respect de la loi lors de toute interpellation. »
Sept mois. Une famille dans l’angoisse. Deux institutions qui se contredisent. Et une question qui reste sans réponse : où est Amadou Bella Diallo ?
Laguinee.info





