Au cours de sa conférence de presse tenue ce lundi 8 juin 2026, le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Aboubacar Camara, est longuement revenu sur les réformes structurelles en cours au sein du Fonds de l’Hydraulique. Principal instrument financier destiné à soutenir le développement du secteur de l’eau en Guinée, cette institution fait l’objet d’une profonde refonte. Objectif affiché : en finir avec une dépendance chronique au budget national et lui redonner sa vocation première de mobilisateur de ressources.
Le constat dressé par le ministre est celui d’une dérive progressive. « Au fil des années, cette institution s’est progressivement éloignée de sa vocation première, se retrouvant dans une situation paradoxale où elle dépendait essentiellement des ressources du budget national pour assurer son fonctionnement », a-t-il expliqué. Avant d’ajouter, sans détour : « Une structure créée pour mobiliser des financements et accompagner les investissements du secteur ne saurait durablement vivre des ressources limitées qu’elle est censée contribuer à renforcer. »
Un « catalyseur d’investissements »
Face à ce paradoxe, le gouvernement a engagé des réformes destinées à repositionner le Fonds. « Désormais, le Fonds de l’Hydraulique est appelé à assumer pleinement son rôle stratégique de mobilisateur de ressources, de levier financier et de catalyseur des investissements indispensables à la modernisation des infrastructures hydrauliques du pays », a précisé Aboubacar Camara.
Le ministre a mis en garde contre le risque d’incohérence qui consisterait à fixer des objectifs ambitieux sans fournir les moyens de les atteindre : « Une institution dont la mission est de rechercher et de mobiliser des financements pour le secteur ne peut être enfermée dans une logique de dépendance financière. Sa raison d’être est précisément de créer les conditions permettant d’attirer davantage de ressources au bénéfice des populations. »
Un dialogue avec les autorités financières
Conscient que cette transformation ne pourra se faire sans ajustements administratifs et budgétaires, le ministre a plaidé « pour un dialogue renforcé avec les autorités financières afin d’accompagner les transformations en cours et de doter le Fonds des instruments nécessaires à l’accomplissement de sa mission».
Il a estimé « qu’il serait difficile d’exiger des résultats ambitieux en matière de mobilisation des ressources tout en maintenant des contraintes susceptibles de limiter sa capacité d’action ».
Garantir un accès durable et équitable à l’eau potable
Cette réforme du Fonds de l’Hydraulique s’inscrit, selon le ministre, dans « une vision plus large visant à renforcer l’autonomie financière du secteur de l’eau, à diversifier les sources de financement et à accélérer la réalisation des investissements structurants dont la Guinée a besoin pour garantir un accès durable et équitable à l’eau potable ».
« Au-delà des infrastructures, c’est la capacité du pays à financer durablement son développement hydraulique qui se joue aujourd’hui », a conclu Aboubacar Camara.
Laguinee.info





