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Législatives et communales: la DGE révèle que 90% des listes auraient pu être éliminées et dénonce des faux documents 

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Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 1er mai 2026, la Directrice Générale des Élections, Djenabou Touré, a répondu aux accusations de partialité portées contre son institution. Elle a révélé l’ampleur des irrégularités constatées dans les dossiers de candidature, évoquant des faux casiers judiciaires, des signatures falsifiées et l’absence d’investitures régulières dans de nombreux cas.

La DGE sort de sa réserve. Et ses révélations sont pour le moins surprenantes. Convoquant la presse ce jeudi, la Directrice Générale des Élections, Djenabou Touré, a tenu à répondre point par point aux accusations d’arbitraire et de partialité qui lui sont adressées depuis plusieurs jours par différents partis politiques. Loin de se défendre sur la défensive, elle a choisi de mettre sur la table des chiffres et des faits qui éclairent d’un jour nouveau les tensions autour du processus de validation des candidatures.

« Nous allions éliminer 90% des listes »

La révélation la plus frappante de cette conférence de presse concerne l’ampleur des irrégularités constatées dans les dossiers soumis par les partis politiques. La Directrice Générale n’a pas mâché ses mots:

« Si on s’en tenait strictement à la loi, nous allions éliminer pratiquement 90% des listes. Il n’y a pas eu d’investiture dans plusieurs cas. Les gens ont simplement déposé des déclarations signées par des responsables, ce qui n’est pas conforme. Mais nous avons fait preuve de souplesse pour éviter d’autres polémiques », a-t-elle indiqué.

Un aveu de souplesse qui, dans le même temps, tord le cou aux accusations d’éliminations arbitraires formulées par plusieurs formations politiques.

Accusations de partialité rejetées

Face aux accusations de confusions entre la DGE et le Mouvement des Démocrates Guinéens, Djenabou Touré a fermement rétorqué. « Il ne faut pas confondre la DGE et le GMD. Le GMD lui-même a porté plainte contre nous. Des candidats rejetés nous ont également attaqués devant les juridictions. Nous avons même pris un cabinet d’avocats pour nous défendre. Nous n’éliminons personne arbitrairement. Lorsqu’un dossier est incomplet ou contient de faux documents, soit la liste est rejetée, soit le candidat est remplacé », a-t-elle martelé.

Quatre listes concurrentes du GMD dans certaines localités

Sur la question spécifique du GMD, la Directrice Générale a livré des détails inédits sur les difficultés rencontrées. « Il y a eu jusqu’à quatre listes concurrentes du GMD dans certaines localités. Nous avons demandé à la coordination de nous transmettre la liste officielle des mandataires avec leurs signatures. Nous avons constaté des signatures falsifiées, même celles des mandataires. Face à cela, nous avons centralisé la validation au niveau national pour éviter toute intimidation au niveau local », a-t-elle révélé.

Elle a tenu à préciser que la DGE s’est contentée d’appliquer les décisions transmises par les responsables du mouvement. « Le GMD nous a finalement indiqué quelle liste était valide, et c’est celle-là que nous avons publiée. Nous ne sommes pas responsables des conflits internes des mouvements politiques », a-t-elle insisté.

Des faux documents qui doivent être poursuivis

Sur la question des falsifications, Djenabou Touré a été particulièrement ferme. « Quand des individus utilisent de faux casiers judiciaires ou imitent des cachets de la justice, ils doivent être poursuivis. Ce n’est pas de mon ressort, mais moi, je les élimine. Et si c’était à refaire, je le referais. Chacun doit accepter que la loi s’applique à tous, même quand cela dérange », a-t-elle affirmé.

Un recours à la Cour suprême annoncé

La Directrice Générale a également évoqué une situation inédite : des partis qui lui adressent des courriers pour indiquer qu’ils souhaitent rester dans la course après la clôture des délais légaux. « Aujourd’hui, nos directions sont en train de recevoir des courriers et des listes des élections communales pour dire qu’ils restent dans la course. Nous allons saisir la Cour suprême parce qu’en la matière, il n’y a pas de dispositions pour ça. Cela peut retarder le processus. Certes, il n’y aura pas de spécimens de bulletin pour certains endroits, mais nous ferons en sorte que l’avis de la Cour suprême atténue les impacts », a-t-elle expliqué.

À un mois exactement du double scrutin du 31 mai 2026, les révélations de la DGE dessinent un processus électoral nettement plus complexe que ne le laissaient entrevoir les seules accusations des partis. Entre irrégularités massives dans les dossiers, falsifications de documents et conflits internes aux mouvements politiques, la route vers les urnes s’annonce encore semée d’embûches.

Laguinee.info 

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