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CRIEF : le nouveau Procureur spécial annonce un audit de 16 ans de marchés publics et la réouverture possible de dossiers déjà jugés

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À peine installé dans ses fonctions, Alphonse Charles Wright, nouveau Procureur spécial près la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières, a annoncé l’ouverture d’un vaste audit couvrant la gestion des marchés publics en Guinée de 2010 à 2026. Il évoque également la réouverture potentielle de dossiers de corruption déjà jugés si de nouveaux éléments apparaissent.

Le message est clair. Et le ton, délibérément ferme.

Dès sa prise de fonction à la tête de la CRIEF, Alphonse Charles Wright a affiché une volonté de rupture avec toute perception d’impunité dans la gestion des affaires économiques de l’État guinéen. Sa première prise de position publique majeure ne laisse aucun doute sur la direction qu’il entend imprimer à l’institution.

Seize ans de marchés publics dans le collimateur

L’annonce la plus marquante est celle d’un audit couvrant l’intégralité de la gestion des marchés publics en Guinée sur la période 2010-2026, soit seize années d’exercice allant de la troisième République jusqu’à la transition actuelle. L’objectif affiché est double : comprendre les mécanismes de corruption qui ont pu s’y développer et renforcer les dispositifs de contrôle pour l’avenir.

Pour le Procureur spécial, les marchés publics constituent l’un des points névralgiques des dérives de gestion des deniers publics. Cet audit s’inscrit dans une logique de redevabilité accrue et de moralisation de la gestion publique, deux axes que Wright place au cœur de son action.

La réouverture de dossiers déjà jugés

Autre annonce d’envergure : le nouveau Procureur spécial n’exclut pas de rouvrir des dossiers de corruption ayant déjà fait l’objet d’une décision de justice. Selon sa position, des décisions de blanchiment rendues dans le passé ne sauraient constituer un obstacle définitif à la poursuite judiciaire si de nouveaux éléments venaient à apparaître.

Dans cette logique, il entend réexaminer l’ensemble des dossiers liés à la criminalité financière et a exigé la transmission sans délai de toutes les procédures en souffrance auprès des services compétents, notamment l’ORDEF et l’administration centrale.

Une dimension morale assumée

Au-delà des aspects techniques et juridiques de ses annonces, le discours d’Alphonse Charles Wright revêt une dimension morale et institutionnelle affirmée. Il insiste sur l’exemplarité nécessaire des acteurs publics dans la lutte contre la corruption, estimant qu’une autorité compromise ne peut efficacement poursuivre des pratiques similaires.

Il réaffirme également son alignement avec la vision des autorités de l’État et la primauté de la loi, tout en mettant en garde contre toute tentative de résistance ou de sabotage de la dynamique qu’il entend engager.

Des enjeux de gouvernance et de sécurité juridique

Si cette initiative traduit une volonté affichée de durcissement de l’action judiciaire et une affirmation du rôle central de la justice dans la consolidation de la gouvernance et de l’État de droit, elle soulève également des questions de fond. La possibilité de rouvrir des dossiers déjà jugés pose en particulier la question de la sécurité juridique des décisions passées et de la crédibilité de l’action publique dans la durée.

La portée concrète de cet audit et les suites judiciaires qu’il pourrait engendrer restent à ce stade à préciser. Mais le signal envoyé par le nouveau Procureur spécial de la CRIEF est, lui, sans ambiguïté.

Laguinee.info

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