Ce vendredi 10 avril 2026, une cérémonie solennelle s’est tenue à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry pour marquer le 65ᵉ anniversaire du premier vol de l’homme dans l’espace. Au cœur de l’événement : l’inauguration d’un bas-relief représentant trois pionniers de la cosmonautique soviétique, offert par la fondation russe « Dialogue des Cultures – Monde Uni ». Une cérémonie qui a réuni diplomates, scientifiques, enseignants et étudiants autour d’un message commun : la science et la coopération comme moteurs du progrès.

Il y a 65 ans, un homme quittait la Terre pour la première fois. Ce jeudi 10 avril 2026, dans l’enceinte de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry — elle-même née de la coopération soviéto-guinéenne, la Russie et la Guinée ont choisi de commémorer ensemble cet exploit fondateur de l’histoire humaine.
La cérémonie a réuni des représentants des autorités publiques guinéennes, du corps diplomatique, de l’Académie des sciences de Guinée, des enseignants-chercheurs, des membres de l’association des anciens étudiants guinéens formés en Russie et en ex-URSS, ainsi que de nombreux étudiants. Un parterre de personnalités qui témoigne de l’importance accordée à cet événement par les deux parties.
Un bas-relief pour l’éternité
Le moment le plus attendu de la cérémonie fut l’inauguration du bas-relief offert par la fondation russe « Dialogue des Cultures – Monde Uni ». L’œuvre représente trois figures majeures de la conquête spatiale soviétique, trois hommes dont les noms résonnent dans l’histoire de l’humanité tout entière.
Youri Gagarine, d’abord. Le 12 avril 1961, ce pilote soviétique de 27 ans est devenu le premier être humain à quitter la Terre et à voir notre planète depuis l’espace, à bord du vaisseau Vostok 1. Un vol de 108 minutes qui a changé le monde.
Konstantin Tsiolkovski, ensuite. Ce mathématicien et inventeur russe du début du XXᵉ siècle est considéré comme le père de la cosmonautique théorique. Sans ses travaux pionniers sur la propulsion par réaction et les fusées, le rêve spatial n’aurait peut-être jamais vu le jour.
Sergueï Korolev, enfin. Ingénieur de génie, il fut le concepteur en chef des premières fusées et systèmes spatiaux soviétiques. C’est lui qui a transformé les théories de Tsiolkovski en réalité concrète, rendant possible le vol de Gagarine.

Ces trois visages, désormais gravés dans le marbre de l’Université Gamal Abdel Nasser, seront chaque jour sous les yeux de milliers d’étudiants guinéens.
L’ambassadeur Popov : « La science et le courage peuvent dépasser toutes les frontières »
Prenant la parole devant l’assistance réunie, Son Excellence Alexey V. Popov, ambassadeur de la Fédération de Russie en Guinée, a livré un discours à la fois historique et tourné vers l’avenir.
« C’est pour moi un grand plaisir d’être aujourd’hui parmi vous, au sein de cette université qui porte le nom de Gamal Abdel Nasser, le lieu qui constitue à juste titre l’un des symboles de l’amitié et de la coopération entre les peuples de la Russie et de la Guinée », a-t-il commencé.
Revenant sur la portée du vol de Gagarine, l’ambassadeur a souligné son caractère universel et intemporel : « Le 12 avril 1961, le vol de Youri Gagarine a ouvert une nouvelle ère dans l’histoire de l’humanité. Pour la première fois, un être humain a quitté les limites de la Terre et a vu notre planète depuis l’espace. Cet exploit a démontré que la science, le courage et la foi en un rêve peuvent dépasser toutes les frontières. »
Il a également rappelé que les retombées de cette aventure spatiale sont aujourd’hui bien présentes dans le quotidien de chacun : « Les technologies spatiales font désormais partie de notre vie quotidienne : communications par satellite, télévision, internet, navigation. Elles contribuent également aux progrès de la médecine, à l’étude du climat et au développement de nouveaux matériaux. »
L’ambassadeur a ensuite partagé une anecdote historique peu connue, révélatrice des liens entre la Guinée et la conquête spatiale : « Youri Gagarine n’a malheureusement pas eu l’occasion de visiter la Guinée, mais il s’est rendu sur le continent africain, notamment en Égypte, où il a rencontré le Président Gamal Abdel Nasser, dont l’Université porte le nom, et a reçu de ses mains la plus haute distinction de l’État — l’Ordre du Nil. Cela montre une fois de plus que l’espace, dès ses débuts, a uni les peuples et les continents. »
Et d’ajouter une coïncidence historique remarquable : « Au moment même où Gagarine accomplissait son vol historique, ici en Guinée, avec la participation de spécialistes soviétiques, était créé l’Institut polytechnique qui est devenu aujourd’hui cette Université. »
Concluant sur une note d’espoir et d’engagement, Alexey Popov a lancé un message aux étudiants présents : « Nous sommes convaincus que les figures des grands scientifiques et pionniers, immortalisées dans ce bas-relief, inspireront les étudiants et les enseignants de l’Université à accomplir de nouvelles réalisations. Elles rappellent que même les rêves les plus audacieux deviennent réalité grâce au savoir, au travail et à la persévérance. »

Le Vice-recteur de l’UGANC : « Nous ne célébrons pas seulement un passé glorieux »
Mohamed Ansoumane Camara, Vice-recteur de l’Université Gamal Abdel Nasser, a pris la parole au nom de son institution avec une émotion palpable. Pour lui, cette cérémonie est bien plus qu’un acte commémoratif.
« La Russie figure parmi les toutes premières puissances mondiales à avoir accompagné notre pays dès son accession à la souveraineté internationale. Ce soutien précoce et déterminant a contribué à poser les bases de notre développement institutionnel, scientifique et humain », a-t-il rappelé, avant d’évoquer la création de l’université en 1962 : « C’est dans ce cadre de coopération bilatérale féconde que fut créée l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, première institution d’enseignement supérieur de notre pays, fruit d’un partenariat exemplaire avec l’ex-URSS. »
Le Vice-recteur a rendu un hommage appuyé aux générations d’enseignants russes qui ont formé les premiers cadres guinéens : « La quasi-totalité des premiers cadres guinéens ont été formés en Russie. Ces femmes et ces hommes ont, à leur retour, joué un rôle déterminant dans la construction de notre administration, de notre système éducatif et de notre tissu scientifique. »
Puis, se tournant vers l’avenir, Mohamed Ansoumane Camara a affirmé la volonté de l’université de s’inscrire dans une nouvelle dynamique de coopération : « L’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry réaffirme sa volonté de promouvoir une coopération académique et scientifique dynamique avec les institutions russes, fondée sur l’échange de savoir, la mobilité des étudiants et des enseignants, ainsi que le développement de projets de recherche conjoints. »
Il a conclu par ces mots qui ont résonné dans la salle : « En inaugurant ce bas-relief, nous ne célébrons pas seulement un passé glorieux, nous affirmons également notre ambition commune pour l’avenir, un avenir où la science, la connaissance et la coopération internationales continueront d’être les piliers de notre progrès collectif. Vive la coopération guinéo-russe ! Vive l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry ! »

Le ministère de l’Enseignement supérieur : « Des générations entières de cadres formés par les universités russes
Représentant la ministre Diaka Sidibé, la Professeure Fanta Touré a apporté la voix du gouvernement guinéen à cette cérémonie, saluant la longévité et la fécondité du partenariat éducatif entre les deux pays.
« La Guinée et la Russie entretiennent depuis de longues décennies des relations bilatérales marquées par la confiance mutuelle, la solidarité et une coopération fructueuse dans plusieurs domaines, notamment l’enseignement supérieur, la recherche scientifique, la diplomatie, la défense, la santé et l’agriculture », a-t-elle déclaré.
Elle a salué l’impact concret de cette coopération sur le développement guinéen : « Des générations entières de cadres guinéens ont été formés par les prestigieuses universités russes. Ce partenariat éducatif a contribué de manière significative à l’édification de notre administration publique et au développement de notre pays. Aujourd’hui encore, la Russie continue d’offrir des opportunités de formation à nos jeunes talents, preuve vivante de la vitalité et de la pérennité de notre coopération.»
Au nom de la ministre, elle a réaffirmé « la disponibilité du ministère de l’Enseignement supérieur à soutenir toute initiative visant à approfondir notre partenariat dans l’intérêt de nos deux peuples et pour la prospérité de nos nations ».

Simandou 2040 et bourses d’études : des engagements concrets pour l’avenir
Au-delà de la dimension symbolique, cette cérémonie a été l’occasion pour les deux parties de réaffirmer des engagements concrets. L’ambassadeur Popov a mentionné la volonté de la Russie de s’impliquer dans le programme guinéen « Simandou 2040 » et son volet « Simandou Academy », ainsi que la poursuite du programme de bourses d’État permettant aux étudiants guinéens de poursuivre gratuitement leurs études dans les universités russes.

Des perspectives qui donnent à cette inauguration une portée qui dépasse largement le cadre de la commémoration. En apposant ce bas-relief sur les murs de l’Université Gamal Abdel Nasser, la Russie et la Guinée n’ont pas seulement rendu hommage à trois hommes qui ont osé regarder les étoiles. Elles ont aussi rappelé que les grandes réalisations humaines naissent toujours de la même équation : du savoir, de la persévérance et de la volonté de coopérer au-delà des frontières.
Pour les milliers d’étudiants qui passeront chaque jour devant ce bas-relief, le message est simple et universel. Celui que Gagarine a envoyé depuis l’espace, il y a 65 ans : les rêves les plus fous peuvent devenir réalité.
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