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Accusations de l’ONU contre le pouvoir de Conakry: Ousmane Gaoual Diallo rejette un “tableau noir” et défend le processus électoral

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Au lendemain des accusations formulées par le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, la réaction du gouvernement guinéen ne s’est pas fait attendre. Cette fois, la réponse est frontale. Conakry rejette fermement tout scénario d’intimidation, de harcèlement ou de disparitions orchestrées pendant la campagne présidentielle du 28 décembre.

Devant les micros, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, adopte un ton offensif. Selon lui, le diplomate onusien se trompe de cible et de sources. « Il devrait écouter moins cette campagne de diabolisation qui pullule sur les réseaux sociaux et davantage sa représentation locale », affirme-t-il, évoquant une perception « déconnectée » des réalités du terrain.

“Aucune intimidation”, assure le gouvernement

Pour le gouvernement, la messe est dite : le processus électoral s’est déroulé dans un climat sain.

Ousmane Gaoual Diallo insiste : « Aucun candidat n’a dénoncé un harcèlement quelconque, ni lui ni ses militants. »

Il cite les observations d’autres missions internationales présentes sur place: CEDEAO, Union africaine, Union européenne, dont les rapports, selon lui, ne font état d’aucun schéma d’intimidation systématique.

Dans les couloirs de Conakry, cette ligne de défense vise aussi à préserver l’image d’un scrutin que les autorités présentent comme une avancée démocratique. Mais les critiques de l’ONU rappellent que la réalité du terrain reste sujette à interprétation selon les acteurs.

Des disparitions qui inquiètent, mais que le gouvernement refuse d’associer au pouvoir

Interrogé par RFI sur l’appel de l’Union africaine à lutter contre les enlèvements et les disparitions forcées, le porte-parole reconnaît l’existence d’un phénomène réel, ancien et « inquiétant ».

Il insiste toutefois sur une distinction :  entre ce qu’il qualifie de “narratif répété”, consistant à accuser systématiquement les forces de sécurité, et les faits sur lesquels la justice enquête.

Le cas de deux figures de la société civile, Foniké Mengué et Billo Bah, disparus depuis plusieurs semaines, cristallise les tensions. Le ministre des Transports appelle à la prudence :

 « Il est préférable de laisser leurs avocats, qui ont accès au dossier, informer l’opinion. »

Selon lui, la justice suit son calendrier et ne doit pas être instrumentalisée. Une position qui contraste avec l’attente des familles et des organisations de défense des droits humains, pour qui le silence prolongé de l’État entretient le flou.

Une communication officielle sur la défensive

Au-delà du désaccord avec l’ONU, la prise de parole d’Ousmane Gaoual Diallo laisse entrevoir une stratégie : recentrer le débat sur la légitimité du processus électoral et déléguer la responsabilité de la transparence aux institutions judiciaires.

Le gouvernement demande aux avocats des disparus de tenir les familles informées, tout en rappelant qu’il ne dispose pas des “dernières nouvelles”. Une posture qui interroge, tant la question des disparitions forcées touche un sujet sensible : la confiance entre citoyens et institutions.

Un malaise persistant

Entre accusations internationales, inquiétudes locales et démentis gouvernementaux, le climat politique guinéen demeure tendu.

Les propos du porte-parole traduisent une volonté de reprendre la main face à ce que l’exécutif appelle une « campagne de diabolisation », tandis que les organisations de défense des droits humains réclament davantage de transparence et d’actes concrets.

En attendant, la Guinée se retrouve une nouvelle fois sous les projecteurs, partagée entre la nécessité d’assurer la sécurité, la demande de vérité des familles et la pression d’une communauté internationale qui scrute les faits, plus que les discours.

Laguinee.info 

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