Au lendemain de la proclamation des résultats de la présidentielle du 28 décembre 2025, une fracture ouverte apparaît au sein du Parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN). Dans une déclaration rendue publique mercredi 31 décembre à Conakry, la Jeunesse responsable du parti félicite le Président élu Mamadi Doumbouya, salue la mobilisation populaire et rejette une décision interne de suspension qu’elle juge illégale et sans fondement statutaire.
« Une maturité politique et un attachement profond à la stabilité »
Dans un contexte post-électoral marqué par de fortes recompositions politiques, la Jeunesse responsable du PEDN, regroupant de jeunes cadres issus des structures nationales, fédérales et de la diaspora, est sortie de sa réserve. Elle a tenu à se prononcer à la fois sur les résultats du scrutin présidentiel et sur une crise interne qui secoue le parti.
D’emblée, elle a adressé ses félicitations au Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, déclaré vainqueur de l’élection avec 86,72 % des suffrages exprimés. La déclaration rend également hommage au peuple guinéen pour sa mobilisation jugée exemplaire.
« La participation massive et responsable des Guinéens traduit une maturité politique et un attachement profond à la stabilité et à la paix sociale », souligne le document.
Une suspension interne rejetée “avec fermeté”
Au cœur de la déclaration figure une contestation frontale de la décision n°041/PEDN/BPE-BEB/PR/2025, rendue publique le 27 décembre 2025, portant suspension de cinq responsables du parti. Pour la Jeunesse responsable du PEDN, cette décision est juridiquement inexistante.
« La décision incriminée est entachée de nullité absolue », affirment les signataires.
Ils estiment qu’elle a été prise en violation des statuts et du règlement intérieur du PEDN, sans respect des procédures disciplinaires et du droit fondamental à la défense. La déclaration soutient également que l’acte émane d’une autorité incompétente, la section des cadres nationaux relevant exclusivement de la Conférence nationale, seule instance habilitée à statuer sur de telles questions.
« Cette décision n’a aucune valeur juridique, ne produit aucun effet statutaire et ne saurait engager ni la jeunesse du PEDN ni les structures responsables du parti », tranche la déclaration.
« Nous refusons la politique de la chaise vide »
Au-delà de la controverse disciplinaire, la Jeunesse responsable du PEDN assume une prise de position politique claire en faveur du Président élu. Elle affirme avoir tiré les leçons du contexte national et des précédentes séquences politiques, notamment le référendum constitutionnel.
« Nous refusons désormais la politique de la chaise vide et assumons la nécessité d’accompagner une dynamique de progrès réel», indique-t-elle.
Dans cette logique, elle annonce son soutien à la vision portée par Mamadi Doumbouya, convaincue que l’avenir du pays repose sur l’engagement d’une jeunesse qu’elle veut « libre et responsable ».
Mise en garde et recours annoncés
La déclaration se conclut par une mise en garde adressée à la direction du parti. La Jeunesse responsable du PEDN affirme ne pas reconnaître la décision de suspension et se réserve le droit de saisir la Conférence nationale ainsi que toute instance compétente.
« Nous refusons toute tentative d’intimidation ou d’exclusion arbitraire », prévient-elle, appelant à « un retour immédiat à la légalité statutaire et au respect strict des textes ».
Elle insiste enfin sur sa vision de l’avenir du parti :
« Le PEDN ne se développera ni dans l’arbitraire ni dans la répression interne, mais dans la démocratie, la responsabilité et l’engagement conscient de sa jeunesse. »
Un regroupement non statutaire mais politiquement assumé
La Jeunesse responsable du PEDN précise qu’elle ne constitue pas un organe statutaire du parti, mais un regroupement de jeunes responsables issus de différentes structures et instances. Elle revendique une démarche politique assumée, cohérente et orientée vers ce qu’elle considère comme l’intérêt supérieur du parti et de la nation.
Cette sortie publique, à la fois politique et juridique, met en lumière les tensions internes au PEDN et confirme que la présidentielle de 2025 continue de produire des effets structurants bien au-delà des urnes.
Laguinee.info







