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Présidentielle de décembre 2025: en exil, Cellou Dalein Diallo transforme son boycott en acte politique

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À trois semaines de la présidentielle du 28 décembre 2025, le paysage politique guinéen s’est brusquement tendu avec la prise de position tranchée de Cellou Dalein Diallo. Depuis son exil, le président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) ne se contente pas d’annoncer un boycott : il cherche à redéfinir le sens même de la participation électorale, en appelant ses militants et sympathisants à l’abstention totale.

L’ancien Premier ministre va bien au-delà de la dénonciation classique des irrégularités. Il conteste l’essence du scrutin, qu’il décrit comme une mise en scène politique incapable de refléter la volonté populaire. « Ce n’est pas une élection », affirme-t-il, en référence à ce qu’il considère comme un appareil administratif verrouillé au profit du président et candidat Mamadi Doumbouya.

Un boycott pensé comme un geste de rupture

Dans sa déclaration du dimanche 7 décembre, M. Diallo dépeint un dispositif institutionnel entièrement placé sous l’autorité d’un exécutif candidat à sa propre succession. Il cite la chaîne de commandement du ministère de l’Administration du territoire, dirigé selon lui par un général dépendant directement de Mamadi Doumbouya, ainsi que la nomination par décret des gouverneurs, préfets, sous-préfets et responsables locaux. Autant de leviers qui, à ses yeux, empêchent toute neutralité du processus.

Ce constat l’amène à qualifier la présidentielle de « mascarade électorale » destinée à « légitimer une confiscation programmée du pouvoir ». Le leader de l’UFDG ne laisse aucune place à l’ambiguïté : ni participation directe, ni soutien à un quelconque candidat. L’abstention devient pour lui un acte politique, un moyen de s’opposer sans confrontation à ce qu’il juge être une mise sous tutelle du vote.

Le dossier Doumbouya, au cœur des critiques

Cellou Dalein Diallo attaque également le cadre juridique ayant permis la candidature du chef de l’État. Il considère le référendum constitutionnel qui l’a autorisée comme une étape supplémentaire d’une dérive institutionnelle enclenchée depuis 2021, évoquant même un « second coup d’État ».

Dans ce discours, la candidature de Mamadi Doumbouya n’est pas seulement une question de droit électoral. Elle cristallise, selon lui, la rupture entre les engagements pris à l’issue de la transition militaire et la réalité politique actuelle.

Une bataille judiciaire symbolique

En parallèle, l’opposant annonce une saisine de la Cour de justice de la CEDEAO pour contester son exclusion du fichier électoral. Une démarche strictement juridique, insiste-t-il, qui ne remet pas en cause son appel au boycott. Il affirme vouloir défendre ses droits civiques face à ce qu’il qualifie de refus arbitraire de son inscription.

Un discours d’alerte destiné à l’opinion

La déclaration prend une dimension plus large quand il décrit une « gouvernance mortifère » marquée, selon lui, par des intimidations, disparitions et répressions. Pour M. Diallo, la présidentielle ne marque ni un progrès ni une sortie de crise, mais l’aboutissement d’un système politique verrouillé où la compétition électorale n’existe plus.

Son objectif paraît clair : mobiliser non seulement ses partisans, mais aussi l’opinion nationale et internationale, autour de ce qu’il présente comme une dérive institutionnelle majeure. Dans son discours, la Guinée ne pourra renouer avec une trajectoire démocratique qu’à la condition d’organiser un scrutin équitable, neutre et respectueux des libertés publiques, conditions qui, selon lui, sont absentes du processus actuel.

À mesure que le scrutin approche, cette prise de position pourrait peser sur une campagne déjà atypique, où le débat démocratique se joue autant dans la rue que depuis l’exil.

 

Laguinee.info

 

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