En Guinée, les violences faites aux femmes ne sont pas seulement le résultat de pratiques sociales ancrées. Elles sont aussi le reflet d’un système où l’État, par son silence, sa complicité active, devient le garant d’un cycle de violences qui aurait dû être rompu depuis longtemps.
Dans un pays où plus de la moitié des femmes subissent des formes de violence physique, sexuelle, économique ou psychologique au cours de leur vie, la question centrale n’est plus :
“Comment cela arrive-t-il ?” mais plutôt : “Comment l’État laisse-t-il faire ?”
Des événements ont rappelé avec brutalité à quel point les violences faites aux femmes restent minimisées, banalisées, et même récompensées par les sphères qui devraient protéger les victimes en Guinée .
Un homme publiquement inculpé pour violences sexuelles est nommé à un poste stratégique au sein de l’administration. L’État envoie un message clair comme toujours : l’accusation de viol n’est pas un obstacle à la promotion. Que vaut donc la parole des femmes quand un dossier judiciaire en cours n’empêche pas l’ascension politique ?
En Guinée, la société glorifie les auteurs et isole les victimes. Et lorsque l’État lui-même participe à cette logique par ses nominations, ses silences, ou son absence de sanctions , il devient un acteur direct de cette impunité.
Il ne s’agit plus seulement de violences individuelles, il s’agit d’un système qui protège les auteurs au lieu de protéger les femmes.
Tant que ces gestes continueront d’être applaudis, tolérés ou institutionnalisés, les violences faites aux femmes ne seront pas seulement un problème social , elles seront le reflet d’un État qui refuse de prendre position.
Aminata Doumbouya







