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Suspension du juge Konomou : l’AMG critique la méthode utilisée par le ministère de la Justice

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La tension monte au sein de la magistrature guinéenne. Après la suspension du juge Kaman Goganan Konomou, publiée directement sur la page Facebook du ministère de la Justice, l’Association des Magistrats de Guinée (AMG) est sortie de son silence pour dénoncer ce qu’elle qualifie d’« inquiétante dérive institutionnelle ». C’était à travers communiqué dont Laguinee.info dispose copie.

Pour l’AMG, le scandale ne réside pas seulement dans la suspension, mais dans la manière brutale et publique dont la décision a été exposée. L’organisation rappelle qu’un précédent ministre de la Justice avait été vertement critiqué pour des pratiques similaires, laissant planer un doute lourd : s’agissait-il d’un excès individuel ou d’une méthode désormais assumée par l’institution elle-même ?

L’inquiétude est d’autant plus vive que le juge suspendu avait soulevé, dans une déclaration publique, plusieurs irrégularités graves entourant sa nomination par décret du 1er novembre 2025. Il évoquait notamment :

la violation de l’article 150 de la Constitution du 26 septembre 2025 ;

la violation de l’article 22 de la loi 055 portant Conseil supérieur de la magistrature ;

la violation de l’article 16 de la loi 054 relative à l’inamovibilité des magistrats du siège.

Pour l’AMG, ces dénonciations, loin d’être des prises de position politiques, relèvent du strict respect du droit. Et c’est justement ce qui rend la situation explosive. Car en sanctionnant un magistrat qui ne fait que rappeler la loi, l’institution risque de donner l’image d’un système où la légalité devient optionnelle, et où la transparence peine à survivre.

L’AMG s’interroge ainsi ouvertement : pourquoi maintenir une pratique déjà condamnée auparavant ? Pourquoi publier des décisions disciplinaires sur les réseaux sociaux, au risque d’exposer la justice à la vindicte populaire ? Et surtout, comment justifier que les prérogatives du Conseil supérieur de la magistrature, pourtant constitutionnellement incontournables, aient été court-circuitées ?

Dans une atmosphère déjà tendue, l’affaire Konomou agit comme un avertissement. Pour de nombreux magistrats, cette méthode pourrait annoncer une ère où la discipline primerait sur le droit, où la crainte remplacerait la règle, et où la justice serait mise en scène avant même d’être rendue.

Face à la gravité de la situation, l’AMG appelle à un sursaut institutionnel. Car, à ce stade, la question n’est plus seulement celle d’une suspension :

c’est toute la crédibilité de la justice guinéenne qui semble vaciller au bord du précipice.

Laguinee.info

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