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Madagascar : l’armée prend le pouvoir après la chute du président Rajoelina

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Un nouveau tournant politique s’ouvre à Madagascar. Ce mardi, le colonel Michael Randrianirina, à la tête d’une unité d’élite, a annoncé à la télévision nationale que l’armée prenait officiellement le contrôle du pays, quelques heures seulement après la destitution du président Andry Rajoelina, en fuite depuis plusieurs jours.

Devant le palais présidentiel d’Antananarivo, le colonel a justifié la prise du pouvoir par un besoin urgent de « rétablir la démocratie » et de « restaurer la confiance du peuple dans les institutions ». « Nous mettons en place un mécanisme national de réforme », a-t-il déclaré, promettant un gouvernement fondé sur la justice et la responsabilité envers le peuple.

Fin des institutions de 2010

Dans sa déclaration, Randrianirina a annoncé la suspension des institutions prévues par la Constitution de 2010, marquant la fin du système politique mis en place sous Rajoelina. Il a également précisé que l’armée et la gendarmerie formeront un conseil national chargé de diriger la transition.

« Un Premier ministre sera désigné pour former rapidement un gouvernement civil », a-t-il indiqué. Selon lui, l’Assemblée nationale poursuivra néanmoins ses travaux, tandis que le pouvoir judiciaire, y compris la Cour constitutionnelle suprême, sera « réformé pour plus d’efficacité et d’indépendance ».

Une transition annoncée, mais floue

Les nouvelles autorités militaires envisagent d’organiser un référendum dans deux ans, sans en préciser la nature ni le contenu. L’objectif affiché : consulter la population sur les futures réformes institutionnelles.

Pour l’instant, le pays reste dans une situation d’incertitude. Aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée de la part des partenaires internationaux, tandis que les rues de la capitale étaient sous haute surveillance mardi soir.

Rajoelina, isolé et désavoué

Quelques heures avant sa destitution, Andry Rajoelina avait tenté une dernière manœuvre politique. Depuis un lieu tenu secret, il a publié un décret dissolvant la chambre basse du Parlement, dans l’espoir d’empêcher le vote de sa mise à l’écart. Mais cette initiative a été ignorée par les députés, qui ont voté massivement pour sa destitution, scellant la fin d’un mandat déjà contesté.

À 51 ans, l’ancien DJ devenu chef d’État quitte la scène dans un contexte de crise politique profonde, marqué par des divisions internes, des accusations de corruption et un climat social tendu.

Pour de nombreux observateurs, ce nouvel épisode militaire ramène Madagascar à une période d’incertitude institutionnelle, rappelant les précédents coups de force qui ont rythmé la vie politique du pays.

« Ce que nous faisons aujourd’hui, c’est répondre à l’appel du peuple », a conclu le colonel Randrianirina, sous les applaudissements de quelques soldats rassemblés devant le palais présidentiel.

Reste à savoir si cette « réforme nationale » annoncée par les militaires ouvrira la voie à un véritable renouveau démocratique, ou à un nouveau chapitre d’instabilité dans l’histoire politique malgache.

Laguinee.info

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