Un geste rare dans l’histoire politique nigériane. Le président Bola Ahmed Tinubu a accordé la grâce à 175 personnes, parmi lesquelles figurent des héros nationaux longtemps effacés par le poids de l’histoire. Certaines de ces grâces sont même posthumes, un symbole fort pour un pays en quête de réconciliation avec son passé, rapporte africanews.com.
Parmi les bénéficiaires, Herbert Macaulay, décédé en 1946, refait surface dans la mémoire collective. Cofondateur du Conseil national du Nigeria et du Cameroun aux côtés du Dr Nnamdi Azikiwe, il avait été injustement condamné en 1913 par les autorités coloniales britanniques et banni de la fonction publique. Plus d’un siècle après, la République lui rend enfin son honneur.
Selon notre source, autre nom lourd de sens : le major-général Mamman Vatsa, poète et officier exécuté en 1986 sous le régime de Babangida, pour un coup d’État supposé. Trente-neuf ans plus tard, il est officiellement gracié, tout comme les neuf Ogoni exécutés en 1995, victimes du régime militaire de Sani Abacha, dont le célèbre écrivain et militant Ken Saro-Wiwa.
Selon la Présidence nigériane, cette décision fait suite à l’approbation du Conseil national d’État, réuni jeudi à Abuja. Au total, 82 autres détenus à travers le pays ont également bénéficié de cette mesure de clémence.
En graciant des figures emblématiques de la lutte contre la colonisation, la dictature et les injustices politiques, Tinubu tente de recoller les morceaux d’une histoire souvent douloureuse. Ce geste, au-delà du symbole, résonne comme une promesse : celle d’un Nigeria qui regarde enfin son passé en face pour mieux avancer.
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