Après cinq jours d’échanges riches et intenses, la formation des journalistes et blogueurs sur la traite des êtres humains et la migration a pris fin ce vendredi à Conakry. Objectif : renforcer les capacités des professionnels des médias sur le traitement éthique et responsable de ces sujets sensibles.
Pendant une semaine, les participants ont alterné entre théorie et pratique autour des notions d’éthique, de déontologie, d’identification des victimes, et de distinction entre trafic et traite des personnes. L’initiative, cofinancée par l’Union européenne et le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, a été mise en œuvre par Enabel et Expertise France à travers le projet AMIS, en collaboration avec la Direction générale des Guinéens établis à l’étranger.
Une lutte commune contre un fléau grandissant
Présent à la cérémonie de clôture, Aboubacar Sidiki Camara, président du Comité national de lutte contre la traite des personnes et des pratiques assimilées (CNTPPA), a salué l’engagement des participants.
« C’est une fierté pour nous de voir les acteurs médiatiques s’engager à nos côtés. La lutte contre la traite des personnes doit impliquer tout le monde », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que la sensibilisation et la diffusion d’informations fiables sont essentielles pour freiner ce phénomène encore méconnu d’une grande partie de la population.
Un engagement renouvelé des partenaires
De son côté, Nicolas Huet, directeur pays d’Expertise France, a remercié les journalistes pour leur implication et promis un accompagnement durable :
« Nous restons à vos côtés pour encourager la production de contenus de qualité, en langues locales aussi, afin de toucher le plus grand nombre », a-t-il souligné.
Pour l’Union européenne, représentée par Aleksandra Maria Tor, cette formation n’est qu’un point de départ :
« La qualité de l’information dépend de la rigueur et de la sensibilité avec lesquelles vous abordez ces réalités humaines. Vous pouvez aider à déconstruire les préjugés et redonner de l’espoir », a-t-elle affirmé.
Responsabilité et perspectives
Formateur au sein de l’atelier, Fodé Bouya Fofana, commissaire à la Haute Autorité de la Communication (HAC), a insisté sur le rôle des journalistes dans la sensibilisation.
« Nous comptons sur vous pour amplifier le message, informer et mobiliser contre la traite des êtres humains », a-t-il déclaré.
Des recommandations pour aller plus loin
Au nom des participants, Bountouraby Simakan a formulé plusieurs recommandations : la pérennisation de ce type de formation, son extension aux régions, la création d’un réseau national de journalistes engagés sur les questions migratoires, ainsi que la mise en place de micro-bourses pour soutenir la production de reportages de qualité.
Une dynamique à poursuivre
À l’issue de cette formation, les journalistes et blogueurs repartent avec des connaissances renforcées et un engagement renouvelé à traiter ces sujets avec professionnalisme et humanité. Une prochaine session est d’ailleurs annoncée en région, signe que la mobilisation contre la traite et la migration irrégulière continue de s’étendre en Guinée.
IAC, pour laguinee.info







