À cinq semaines du scrutin présidentiel du 25 octobre, le décor politique ivoirien se tend comme une corde. Laurent Gbagbo, déclaré inéligible par le Conseil constitutionnel, a jeté un pavé dans la mare ce 18 septembre : il ne soutiendra aucun des cinq candidats retenus. Pour lui, l’élection est déjà confisquée.
Un « choix » déjà verrouillé
Le Conseil constitutionnel a fermé la porte à plusieurs poids lourds de l’opposition – dont Gbagbo lui-même et Tidjane Thiam. Résultat : une compétition réduite à un casting favorable au président sortant, Alassane Ouattara, qui brigue un quatrième mandat après quatorze ans de règne.
« Ce processus est privé de légitimité », tranche Gbagbo, qui voit dans cette présidentielle un simple simulacre démocratique.
Le caillou dans la chaussure de la Constitution
La querelle constitutionnelle n’en finit plus d’empoisonner le débat. Pour l’opposition, deux mandats, c’est la limite, point final. Mais le Conseil constitutionnel a dégainé un argument commode : la réforme de 2016 aurait réinitialisé les compteurs. De quoi ouvrir un boulevard à Ouattara… et fermer la porte à toute contestation.
Gbagbo choisit la résistance
Pas question pour l’ancien président de servir de faire-valoir dans une élection qu’il juge biaisée. Il refuse les alliances de façade et appelle plutôt ses partisans à une « résistance démocratique et pacifique ». Un mot d’ordre clair : ne pas se laisser entraîner dans la légitimation d’un scrutin déjà plié.
La menace du pouvoir
Le gouvernement, lui, n’entend pas laisser place aux doutes. Son porte-parole, Amadou Coulibaly, a sorti l’avertissement sans détour : « Ceux qui vont contester la décision du Conseil constitutionnel tomberont sous le coup de la loi. » En d’autres termes : la ligne rouge est tracée.
Entre un pouvoir sûr de ses leviers et une opposition réduite à l’impuissance mais déterminée à faire entendre sa voix, la Côte d’Ivoire avance à pas crispés vers une élection où la tension précède déjà l’urne.
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