Quelques heures après l’« appel au peuple » lancé par l’ancien Président Alpha Condé contre le référendum constitutionnel prévu le 21 septembre 2025, la réaction de Me Pépé Antoine Lama ne s’est pas fait attendre. L’avocat et homme politique a exprimé son « étonnement et [son] indignation » face à la sortie de l’ex-chef de l’État.
« Je me dois de rappeler à ce monsieur que les malheurs actuels de notre pays trouvent d’abord leur source dans sa propre gouvernance », a déclaré Me Lama. Pour lui, Alpha Condé n’est pas en position de donner des leçons, car son passage au pouvoir a laissé une trace lourde dans l’histoire récente du pays.
Revenant sur les onze années de règne de l’ancien Président, Me Lama accuse ce dernier d’avoir « méthodiquement détruit les fondements démocratiques de notre État », en « refusant l’alternance, piétinant la Constitution de 2010 » et en imposant « de force un troisième mandat illégal, au prix du sang et des larmes des Guinéens ». Selon lui, « des jeunes innocents ont été fauchés simplement parce qu’ils réclamaient le respect de la loi fondamentale ».
Plus sévère encore, il dénonce un système qu’il décrit comme « clanique, corrompu et violent, où la répression a pris la place du droit, et où le mépris de la volonté populaire est devenu une règle ». À ses yeux, Alpha Condé porte la plus grande part de responsabilité dans le coup d’État du 5 septembre 2021 : « C’est lui, et lui seul, qui a ouvert la voie au coup d’État. Car en piétinant la Constitution et en confisquant la souveraineté du peuple, il a fermé toutes les voies légales de recours et poussé le pays dans l’impasse. »
Pour Me Pépé Antoine Lama, voir aujourd’hui Alpha Condé se poser en défenseur de la démocratie est une contradiction flagrante. « Qu’il ose se présenter en défenseur de la démocratie relève d’une imposture. Lui qui en a été le fossoyeur n’a aucune légitimité pour appeler le peuple à se dresser contre ce qu’il appelle une “mascarade”. Les Guinéens n’auraient jamais applaudi un coup d’État si Alpha Condé avait respecté les principes démocratiques et l’alternance républicaine. »
Il conclut en pointant du doigt l’héritage laissé par l’ancien chef de l’État : « Son héritage, ce sont des fosses communes, une jeunesse trahie et une nation divisée. Qu’il commence par assumer ses fautes devant l’histoire avant de prétendre donner des leçons au peuple de Guinée. »
Tout en rejetant également la gestion de la junte actuelle, Me Lama insiste sur l’aspiration profonde du pays : « La Guinée ne veut plus de mascarades, ni des siennes, ni de celles de la junte actuelle. Elle veut la vérité, la justice et une démocratie réelle. Et moi, je n’oublierai jamais. »
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