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Singleton coupable d’homicide involontaire : retour sur les arguments des deux camps

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Le tribunal de première instance de Coyah a rendu son verdict, ce mercredi 10 septembre 2025, dans l’affaire opposant l’artiste Mohamed Seydou Bangoura alias Singleton à la famille de Mohamed Traoré. Reconnu coupable d’homicide involontaire, l’artiste a écopé d’une peine d’emprisonnement assortie de sursis, d’une amende de 10 millions de francs guinéens, ainsi que du paiement de 900 millions GNF de dommages et intérêts au profit de la partie civile.

 

Le rappel des faits

 

L’affaire remonte à un accident de circulation impliquant le véhicule de l’artiste et ayant coûté la vie à Mohamed Traoré. Dès l’ouverture du procès, les débats ont été marqués par de vives oppositions entre les avocats de la défense, ceux de la partie civile et le parquet.

 

Les réquisitions du parquet

 

Dans ses réquisitions, le substitut du procureur Condé a estimé que l’accident était dû à « l’imprudence, l’inattention et la maladresse » de Singleton. Selon lui, ces éléments suffisaient à établir la culpabilité du prévenu.

« Au nom du parquet, nous sommes convaincus de la culpabilité de Mohamed Seydou Bangoura », a-t-il déclaré. Il a alors sollicité que l’artiste soit retenu dans les liens de la culpabilité pour délit d’homicide involontaire. Pour la répression, il a requis un an de prison dont six mois assortis de sursis, ainsi qu’une interdiction de conduire pendant une année.

 

Les plaidoiries de la défense

 

Face à ces réquisitions, les avocats de la défense ont adopté une ligne radicalement opposée. Ils ont d’abord rejeté d’un revers de main les arguments de la partie civile et les réquisitions du parquet. Pour eux, leur client ne devait pas être retenu dans les liens de la culpabilité.

Ils ont plaidé pour la relaxe pure et simple de Singleton. À défaut, ils ont demandé au tribunal de lui faire bénéficier de « larges circonstances atténuantes, en raison de sa bonne collaboration depuis l’entame de la procédure ».

 

La position de la partie civile

 

De leur côté, les avocats de la partie civile, représentés notamment par Me Aboubacar Camara, ont critiqué l’attitude de l’artiste après l’accident.

« En refusant de descendre de sa voiture, il n’a eu aucun sentiment de compassion pour la victime, comme si c’était un poulet qu’il avait tué. C’est l’arrogance et l’orgueil qui ont conduit à ce procès. Sinon, il y a des accidents tous les jours sur la route », a fustigé l’avocat.

 

Dans ses conclusions sur l’action civile, la partie civile a réclamé un montant de 5 milliards de francs guinéens en réparation, soutenant que cette somme permettrait d’assurer l’éducation des 11 enfants laissés par la victime.

 

Le délibéré du tribunal

 

Au terme des débats, le président du tribunal, Philippe Gonga Mamy, a rendu son délibéré. Il a déclaré Singleton coupable des faits d’homicide involontaire. Pour la répression, il l’a condamné à une peine d’emprisonnement assortie de sursis et au paiement d’une amende de 10 millions de francs guinéens.

 

Sur le plan civil, le tribunal a reçu la constitution de partie civile de Mohamed Traoré et a déclaré Singleton responsable des préjudices causés. En conséquence, il l’a condamné au paiement de 900 millions de francs guinéens, toutes causes de préjudice confondues. Le tribunal a en revanche débouté les parties du surplus de leurs demandes et mis les frais et dépens à la charge du condamné.

 

Une décision en demi-teinte

 

Si la défense a réussi à éviter une peine privative de liberté ferme, la condamnation à 900 millions GNF constitue une lourde sanction financière pour l’artiste. De leur côté, les avocats de la partie civile, bien qu’ayant obtenu gain de cause sur le principe de la responsabilité, n’ont pas obtenu la totalité de la somme initialement réclamée, fixée à 5 milliards.

Laguinee.info

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