La présidente de la Cour suprême du Ghana, Gertrude Araba Esaaba Sackey Torkornoo, a été démise de ses fonctions par le chef de l’État, John Dramani Mahama, après avoir été reconnue coupable d’« inconduite » par une commission d’enquête. Cette décision, officialisée lundi 1er septembre, marque une première historique dans le pays.
Une enquête pour falsification et détournement
Suspendue depuis avril, Mme Torkornoo, 61 ans, faisait l’objet d’investigations menées par une commission de cinq membres. Les enquêteurs l’ont jugée coupable de falsification de dossiers judiciaires et de détournement de fonds publics, concluant à un abus de fonction et recommandant sa destitution.
Le porte-parole présidentiel, Felix Kwakye Ofosu, a confirmé que le président Mahama avait entériné cette recommandation « avec effet immédiat », en rappelant que le chef de l’État, en fonction depuis janvier, avait placé la lutte contre la corruption au cœur de son mandat.
Des critiques sur la procédure
Cette destitution n’a toutefois pas fait l’unanimité. L’ancien procureur général adjoint, Alfred Tuah-Yeboah, interrogé par l’AFP, a mis en doute la légitimité de la procédure.
« La requête que j’ai lue ne présentait aucun motif valable justifiant son départ. Son limogeage doit être fondé sur des infractions très graves, mais ce n’était pas le cas. Cette décision est un dangereux précédent », a-t-il averti.
Une première historique
Nommée en juin 2023, Mme Torkornoo était la troisième femme à accéder à la présidence de la Cour suprême du Ghana. Son limogeage constitue une première : jamais un président de la Cour suprême en exercice n’avait été destitué dans le cadre d’une procédure constitutionnelle.
Il reste à déterminer si l’ancienne magistrate fera l’objet de poursuites judiciaires.
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