Lors d’un point de presse organisé ce dimanche à son domicile du quartier Timbo, l’ancien député et cadre influent du RPG-Arc-en-ciel, Taliby Dabo, a pris la parole pour s’exprimer sur la disparition de plusieurs figures de la société civile et du monde politique. Parmi elles, figurent notamment les activistes Foniké Menguè et Billo Bah, dont les absences prolongées continuent de susciter de vives interrogations dans l’opinion publique, rapporte le correspondant de Laguinee.info basé à Kankan.
Sur ce sujet sensible, Taliby Dabo a tenu à donner sa version des faits. Selon lui, ces disparitions ne relèvent pas d’un enlèvement ni d’une disparition forcée, mais d’une mesure prise pour des « raisons de sécurité nationale ».
« Pour vous, ils ont disparu. Je crois que c’est pour des raisons de sécurité nationale, ces personnes-là vivent bien. Ils mangent comme vous, ils dorment bien, comme vous et moi. Ils n’ont aucun problème, seulement leurs libertés et mouvements qui sont restreints pour des raisons de sécurité nationale », a-t-il déclaré.
L’ancien parlementaire est allé plus loin en estimant que ces mesures discrètes auraient permis de ramener une certaine stabilité dans le pays :
« Vous avez vu, depuis que ces hommes ont été gardés en secret, il y a le calme. C’est eux qui semaient la terreur, surtout le monsieur du FNDC », a-t-il ajouté, en référence à Foniké Menguè, figure de proue du Front National pour la Défense de la Constitution.
Tout en reconnaissant la gravité d’une telle restriction des libertés individuelles, Taliby Dabo a assumé sa position, considérant ces disparitions comme un mal nécessaire.
« Je ne lui souhaite pas la mort, mais si le garder secret ramène la paix, la quiétude sociale, je suis d’accord », a-t-il insisté.
Ces déclarations surviennent dans un contexte marqué par de nombreuses dénonciations de la société civile et de la communauté internationale, qui réclament des explications sur la situation de plusieurs activistes portés disparus depuis plusieurs mois.
Pour Taliby Dabo, il ne s’agit pas de disparitions au sens strict du terme, mais de mesures de restriction volontairement appliquées. Une version qui, loin de dissiper les inquiétudes, risque d’alimenter le débat sur le respect des droits et libertés en Guinée.
De Kankan, Karifa Kansan Doumbouya, pour Laguinee.info







