Le glissement de terrain qui a frappé le quartier Friguiady, dans la préfecture de Coyah, continue de provoquer une profonde détresse parmi les familles touchées. Le dernier bilan officiel fait état de 14 morts et de plusieurs blessés, mais des corps restent encore coincés sous les décombres.

« J’ai 6 personnes qui ne sont pas encore retrouvées »
Parmi les victimes directes de cette tragédie, Alama Kourouma vit des heures d’angoisse. Contacté sur les lieux du drame, il raconte comment il a appris la nouvelle dans la nuit de mardi :
« Hier, j’étais à la maison, mon grand-frère m’a appelé m’informant qu’il y a eu un dégât à Friguiady. J’ai trois petits frères qui ont leur maison ici. Je suis directement venu. Nous avons tout fait, nous avons pu faire sortir la femme de mon frère et deux de ses enfants. Un est mort et les deux autres sont blessés, ils sont à l’hôpital », a-t-il confié, la voix chargée d’émotion.
Mais la douleur d’Alama est loin d’être apaisée. Six membres de sa famille sont toujours portés disparus.
« J’ai 6 personnes qui ne sont pas encore retrouvées. Parmi ces 6 personnes, il y a un petit vacancier qui a eu son bac cette année, on ne l’a toujours pas vu », déplore-t-il.
Des recherches difficiles et des moyens insuffisants
Comme beaucoup de familles, Alama reste suspendu à l’espoir de retrouver ses proches, alors que les secours s’activent toujours sur le terrain. Mais il estime que les moyens mobilisés sont trop limités pour faire face à l’ampleur du drame :
« Nous demandons à l’État d’augmenter des machines. Les machines qui sont là sont insuffisantes. S’il n’y a pas d’autres, on peut rester deux semaines sans finir de sortir les corps dans les décombres. J’ai un autre frère, Sékou Kourouma, nous ne l’avons pas encore retrouvé », a-t-il alerté.

Une catastrophe liée à la fragilité du sol
Selon le président du quartier de Friguiady, Djibril Sylla, la nature argileuse du sol de Kakoulima et les travaux de construction routière effectués dans la zone pourraient avoir contribué au glissement.
« Dès qu’il pleut beaucoup, la terre absorbe l’eau. Et la construction de la route Le Prince, toute la terre utilisée venait presque de là-bas. Les parties qui ont été dégagées, c’est là-bas où la terre a glissé », a-t-il expliqué.
En attendant de nouvelles fouilles, Alama Kourouma, comme tant d’autres sinistrés, reste dans l’incertitude, partagé entre l’espoir et la douleur, face à une catastrophe qui a endeuillé tout un quartier.
IAC, pour www.laguinee.info







