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Comité inter-partis : la DGE ouvre le dialogue… mais ferme la porte aux grands partis

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Dans le cadre du retour à l’ordre constitutionnel tant annoncé, le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, par le biais de la Direction générale des élections (DGE), a procédé ce mercredi à la mise en place d’un Comité inter-partis. Objectif affiché : instaurer un espace d’échanges et de concertation technique sur les étapes du processus électoral. Objectif sous-jacent : sélectionner les interlocuteurs.

Le nouveau comité se veut représentatif, pluraliste, et inclusif. En théorie. Car si l’invitation a été étendue à de nombreux partis politiques, certaines formations majeures de la scène nationale, dont le RPG, l’UFDG et l’UFR, n’ont pas été conviées. Motif officiel : non-conformité administrative.

 « Il y a trois ans que nous avons entamé un processus d’évaluation des partis politiques », a expliqué Mme Djenabou Touré, directrice générale de la DGE, selon nos confrères de africaguinee.com m.

Plus loin, elle ajoute : « Au départ, 46 partis étaient dans les normes. Aujourd’hui, nous en sommes à 126 partis régularisés. Ceux qui ne l’ont pas encore été ne sont pas éligibles à cette phase du processus ».

Une précision qui, à première vue, relève de la gestion technique. Mais dans le climat politique actuel, l’exclusion de ces partis n’a rien d’anodin. Elle soulève une question simple : peut-on véritablement parler de concertation nationale sans les principaux partis de l’opposition ?

Quand la régularisation devient un levier politique

Il ne s’agit pas ici de contester la nécessité de normes administratives. Mais le calendrier, la méthode et surtout la conséquence de cette régularisation suscitent interrogations. À quoi bon créer un cadre d’échange si les principaux acteurs politiques en sont absents ? À moins que le véritable objectif ne soit justement d’échanger entre « acteurs compatibles ».

Dans un pays où le dialogue politique est souvent synonyme de méfiance réciproque, l’annonce d’un comité inter-partis aurait pu marquer un tournant. Elle semble pour l’instant prolonger une logique de sélection. Car pendant que les « régularisés » se réunissent autour de la DGE, les poids lourds de la vie politique guinéenne patientent en coulisses, tenus à distance d’un processus censé engager tout le pays.

Une démocratie à géométrie variable ?

À défaut de consensus, le Comité inter-partis pourra sans doute se targuer d’efficacité. L’entre-soi facilite toujours les décisions. Mais au risque de déboucher sur un processus perçu comme verrouillé dès son entame. Une démocratie inclusive, certes. À condition d’être d’abord administrativement irréprochable… et politiquement fréquentable.

En attendant, le retour à l’ordre constitutionnel suit son cours. À pas comptés. Et selon des critères dont seuls les organisateurs semblent maîtriser la grille de lecture.

Laguinee.info

 

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