Le Conseil constitutionnel camerounais a tranché : Maurice Kamto ne participera pas à l’élection présidentielle prévue en octobre 2025. L’institution a rejeté le recours déposé par l’opposant, jugeant celui-ci « injustifiable sur le fond ». Une décision qui fait l’effet d’un séisme dans le paysage politique camerounais et que les avocats du candidat déchu qualifient sans détour de « politique ».
« Nous pensons que nous sommes arrivés au Conseil constitutionnel ayant la certitude que le Conseil constitutionnel est beaucoup plus politique que juridique », a déclaré Me Hippolyte Meli, avocat de Maurice Kamto, chez africanews.com.
« Le Conseil constitutionnel a fonctionné à 3 % juridique et à 97 % politique. Cette décision dominée par cette pulsion politique fait qu’en réalité, on a consacré la fraude. Et c’est pour ça que nous disons que ça entache le processus électoral. »
Une décision sans appel
Dans le système juridique camerounais, les décisions du Conseil constitutionnel sont irrévocables. Dès lors, les options juridiques étant épuisées, la défense annonce s’en remettre désormais à une réponse politique.
« Nous n’allons pas trouver un recours alors que la loi n’a pas prévu un recours. Bon, maintenant qu’il s’agit d’une décision motivée par des raisons politiques, les recours politiques restent ouverts », explique Me Meli.
« Là, ce n’est pas du ressort des avocats. Les avocats ont fait du juridique. Leur travail est terminé. »
Une instrumentalisation des institutions ?
L’affaire suscite une vague d’indignation dans les rangs de l’opposition et chez certains observateurs, qui dénoncent un détournement des institutions à des fins de neutralisation politique.
« Nous assistons à la concrétisation d’un théâtre politique orchestré pour légitimer une décision déjà prise en coulisses », analyse Aristide Mono, politologue, interrogé par notre source.
« C’est ce que certains appellent l’usage politique des institutions, l’usage politique du droit. Les adversaires politiques réquisitionnent les lois et les institutions pour écarter leurs concurrents. »
Climat tendu dans le pays
À la suite de cette annonce, la tension est palpable dans les principales villes du pays. Des rassemblements spontanés sont signalés dans certains quartiers de Douala et Yaoundé, malgré l’interdiction des autorités.
Face à cette montée de pression, le gouvernement a rappelé son attachement au respect de l’ordre public. Des dispositifs sécuritaires renforcés ont été déployés pour anticiper d’éventuelles manifestations.
Le rejet de la candidature de Maurice Kamto ouvre une nouvelle séquence politique incertaine dans un pays déjà fragilisé par des divisions persistantes. Alors que la présidentielle d’octobre approche, la légitimité du processus électoral est d’ores et déjà mise en doute par une partie de la classe politique et de la société civile.
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