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Mozambique : Cabo Delgado replonge dans la terreur, plus de 46 000 déplacés en une semaine

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Ils sont partis en pleine nuit, sans rien emporter, fuyant à pied sous les tirs. Entre le 20 et le 28 juillet, plus de 46 000 personnes ont été arrachées à leur quotidien dans le nord du Mozambique, théâtre d’une nouvelle flambée de violences armées. Dans la province de Cabo Delgado, l’enfer a repris ses droits.

Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) parle d’un déplacement massif, brutal, symptomatique d’une crise qui dure depuis 2017 et qui semble s’aggraver mois après mois. Des villages entiers ont été vidés. Les flammes ont remplacé les toits. Et les silences, les cris.

Depuis janvier 2025, ce sont plus de 95 000 personnes qui ont dû fuir les combats opposant groupes armés et forces gouvernementales. Au fil des mois, les visages changent, mais les histoires se ressemblent : femmes, enfants, vieillards, poussés sur les routes, sans assurance de trouver un refuge. Et quand refuge il y a, ce sont des abris surpeuplés, sans eau potable, ni soins, ni nourriture.

« Ce sont surtout les enfants qui paient le prix fort », alerte un responsable humanitaire sur le terrain. Séparés de leurs familles, exposés à toutes les formes de violences, ils errent entre les campements de fortune, invisibles, vulnérables.

Le chaos est tel que même l’accès aux aides devient un défi. Les humanitaires peinent à franchir les zones d’insécurité. L’absence de documents d’identité complique encore davantage l’accès des déplacés aux services de base. On survit. À peine.

Et pendant ce temps, le pays affronte d’autres crises. Des inondations, des épidémies, une inflation galopante et une aide internationale qui n’arrive pas. À la mi-année, seulement 19 % du plan humanitaire 2025 du Mozambique a été financé. Une goutte d’eau, quand les besoins sont océans. Résultat : au lieu d’aider plus d’un million de personnes comme initialement prévu, les agences humanitaires doivent désormais se contenter d’en soutenir 317 000.

L’ONU tire la sonnette d’alarme : si rien n’est fait rapidement, les conséquences seront irréversibles. Elle appelle à un sursaut de la communauté internationale, à un engagement réel pour faire face à cette urgence silencieuse qui se joue à Cabo Delgado.

Car ici, entre sable et sang, c’est une guerre oubliée qui se poursuit. Et ceux qui fuient n’ont plus que la poussière pour mémoire.

Laguinee.info

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