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Mort d’Alino Faso : le gouvernement burkinabè parle d’« assassinat crapuleux » et exige des explications à la Côte d’Ivoire

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Le ton est grave, la colère à peine voilée. Trois jours après l’annonce du décès de l’influenceur burkinabè Alain Christophe Traoré, plus connu sous le nom d’Alino Faso, le Gouvernement du Burkina Faso a brisé le silence. Dans un communiqué officiel publié ce lundi, Ouagadougou exprime sa consternation et sa profonde indignation face à ce qu’il qualifie de « disparition dans des circonstances obscures », et va jusqu’à parler d’assassinat crapuleux.

Une mort restée sans notification officielle

« Le Gouvernement du Burkina Faso a appris avec consternation et une profonde indignation, le décès dans des circonstances obscures de notre compatriote Alain Christophe TRAORE alias Alino Faso », peut-on lire en ouverture du communiqué.

Ce n’est que par voie de presse, selon Ouagadougou, que les autorités burkinabè ont appris le décès de l’influenceur, survenu le jeudi 24 juillet dans sa cellule de l’école de gendarmerie d’Abidjan, où il était détenu depuis plus de six mois. Ni la famille, ni l’avocat d’Alino Faso, ni l’ambassade du Burkina Faso à Abidjan n’auraient été informés officiellement. « Jusqu’à cet instant précis, aucune notification officielle ne lui a été faite par les autorités ivoiriennes », déplore le gouvernement burkinabè.

La thèse du suicide rejetée

Du côté de la Côte d’Ivoire, le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan, Oumar Braman Koné, a déclaré que le détenu s’était pendu à l’aide de son drap, après une tentative infructueuse de se trancher les veines. Une version fermement rejetée par Ouagadougou :

« Le Gouvernement rejette avec force et vigueur la thèse du suicide actuellement avancée par les autorités judiciaires ivoiriennes », affirme le communiqué, dénonçant une complaisance coupable face à l’arbitraire.

Le gouvernement burkinabè s’étonne par ailleurs de la durée de la détention d’Alino Faso sans procès dans une caserne de gendarmerie, et rappelle que son arrestation date du 10 janvier 2025. À l’époque, le militant était poursuivi pour intelligence avec des agents d’un État étranger, et soupçonné de liens avec les BIR-C, un groupe de cyberactivistes pro-junte burkinabè.

Des accusations graves contre la Côte d’Ivoire

Le communiqué s’en prend directement aux autorités ivoiriennes, rappelant une déclaration du porte-parole du gouvernement ivoirien le 15 janvier 2025, niant tout recours à l’enlèvement forcé, à la torture ou aux exécutions sommaires. « Toutes ces déclarations d’intention sur la transparence et le respect des Droits humains contrastent paradoxalement avec la gestion ténébreuse de ce dossier », fustige Ouagadougou.

Le gouvernement burkinabè s’indigne également du délai de 72 heures entre le décès présumé et la diffusion publique de l’information, dénonçant une « tentative manifeste de tronquer les faits ».

Exigences de vérité, de justice… et de rapatriement

Le Burkina Faso exige le rapatriement immédiat du corps de son ressortissant afin qu’il bénéficie d’obsèques « dignes et honorables ». Dans le même souffle, il interpelle les autorités ivoiriennes sur « l’exigence de vérité et de justice » pour celui qu’il décrit comme un homme de paix, engagé, et apprécié pour son altruisme.

« La mort de Alino Faso ne restera pas impunie », prévient fermement le Gouvernement, qui dit rester saisi du dossier jusqu’à la manifestation totale de la vérité.

Tout en saluant la mémoire d’un homme « qui a vécu utile pour son prochain », Ouagadougou invite à la retenue, mais ne masque pas sa détermination à obtenir des réponses :

« Sa mort tragique laisse une famille endeuillée dans une douleur incommensurable et des millions de nos compatriotes révoltés et sans voix. »

L’affaire Alino Faso prend désormais une tournure diplomatique. Si la justice ivoirienne maintient la piste du suicide, le Burkina Faso évoque déjà un assassinat politique. Entre deuil national et pressions diplomatiques, un long bras de fer s’annonce.

 

Laguinee.info

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