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Crise de billets en Guinée : les kiosques Orange Money suffoquent, les agents lancent un cri du cœur

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Depuis le début du mois de juillet, une pénurie de billets de banque frappe de plein fouet la Guinée. Et sur le terrain, les premières victimes sont les agents Orange Money. Dans la commune de Sanoyah, la réalité est aussi sèche que les guichets : il n’y a plus de liquidités, ou si peu, que l’activité tourne au ralenti.

Ce lundi matin, sur l’axe principal de Sanoyah, kiosques fermés ou regards désabusés racontent une même histoire : celle d’un service financier numérique à bout de souffle. Mamadou Madiou Barry, agent Orange Money, résume la galère en quelques mots :

« Selon notre fournisseur, actuellement s’il part à la banque pour faire le retrait, il ne gagne pas. Le peu qu’il gagne, il nous distribue cela. »

Même son de cloche chez d’autres points de vente. Les clients arrivent avec des demandes de retrait de 10 ou 15 millions de francs guinéens, mais repartent bredouilles.

« Moi ici, je gagne des clients qui peuvent demander 15 millions de retrait mais, je n’ai même pas un million en espèce », confie Barry, impuissant.

Le problème ne s’arrête pas là. Selon Oumar Sow, autre agent local, la situation crée un déséquilibre de plus en plus inquiétant entre dépôts et retraits.

« Depuis le début de ce mois, nous avons un problème de retrait. Il arrive parfois qu’on gagne très peu de dépôts surtout vers la fin de ce mois. »

La crise remonte jusqu’aux fournisseurs, eux-mêmes étranglés par les restrictions bancaires.

« Quand ils demandent 100 millions, la banque leur donne 10 millions, parfois 5 », ajoute Sow, en hochant la tête.

Résultat : la confiance des clients s’effrite, les opérations de dépôt chutent.

« On peut rester ici toute une journée sans avoir 5 personnes qui font le dépôt. C’est seulement le retrait », déplore un autre agent.

Derrière ces mots, c’est toute une économie informelle qui vacille. Certains agents menacent de jeter l’éponge si rien ne change.

« Sinon à l’allure où vont les choses, les conséquences deviennent de plus en plus graves. Nous risquons d’abandonner et faire autre chose puisque nous avons des familles et des besoins à fournir », lance un jeune homme, visiblement à bout.

Face à cette crise silencieuse mais profonde, les appels à l’État se multiplient.

« Je demande aux autorités de faire tout pour satisfaire les citoyens en besoins de billets », conclut Mamadou Madiou Barry, en espérant être entendu.

En attendant, le service mobile money en Guinée fonctionne sous perfusion, dans un pays où le billet, désormais rare, devient un enjeu national.

IAC, pour www.laguinee.info 

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