Dr Diané, Directeur général de l’hôpital de l’Amitié Chino-Guinéen, a attiré l’attention des autorités sanitaires sur la gravité de la Résistance Antimicrobienne (RAM) lors d’une récente rencontre des professionnels de santé à Conakry. Il a qualifié la RAM de menace majeure pour la santé publique mondiale avant d’exhorter les environnementaux et les vétérinaires à prendre des mesures nécessaire.
« La RAM, aujourd’hui, menace la population mondiale. Aujourd’hui, selon l’OMS, il y a 5 millions de décès liés à la résistance antimicrobienne dans le monde », a-t-il déclaré. Selon lui, si aucune mesure efficace n’est prise, ce chiffre pourrait augmenter d’ici à 2050.
Le Dr Diané a souligné que la résistance aux antibiotiques remet en cause plusieurs décennies de progrès médicaux. « Une simple infection banale peut devenir mortelle. Votre antibiotique efficace, dans nos différentes pharmacies, ce phénomène remet aujourd’hui en question des décennies de progrès médicaux », a-t-il précisé.
Il a également identifié trois domaines principaux concernés par la RAM notamment, la médecine humaine, la médecine vétérinaire et l’environnement. En médecine humaine, les hôpitaux et les centres de santé sont particulièrement touchés. Il a évoqué « une prescription parfois incontrôlée d’antibiotiques, sans respect des protocoles ni recours systématique à l’antibiogramme », en plus d’une automédication largement répandue.
Concernant le secteur vétérinaire, il a révélé que « plus de 70% des antibiotiques produits dans le monde sont utilisés dans les pré vaches », souvent sans diagnostic préalable, à des fins préventives ou pour accélérer la croissance des animaux.
Pour ce qui est de l’environnement, le Dr Diané a mis en cause la pollution générée par le rejet des résidus d’antibiotiques. D’après lui l’environnement de nos jours « est devenu un véritable nid de développement de résistances des micro-organismes orchestrés par le rejet des résidus d’antibiotiques dans les eaux usées, les sols agricoles, les abattoirs, j’en passe », a-t-il affirmé.
Il a lancé un appel à l’ensemble des acteurs concernés, notamment les vétérinaires et les responsables environnementaux, afin qu’ils prennent des mesures urgentes pour limiter la propagation de la résistance antimicrobienne.
IAC, pour laguinee.info







