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COP30 en ligne de mire : l’ONU presse les États d’agir pour le climat

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Dans un discours empreint d’urgence et d’espoir prononcé ce lundi au siège des Nations Unies, le Secrétaire général António Guterres a lancé un vibrant appel en faveur d’une transition énergétique mondiale accélérée, juste et irréversible. Devant des représentants du monde entier, il a martelé : « L’ère des combustibles fossiles est à bout de souffle. Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère : celle des énergies propres. »

Un tournant historique et économique

Dès les premières lignes de son allocution, le chef de l’ONU a replacé le débat énergétique dans un contexte global marqué par des crises multiples : chaos climatique, conflits géopolitiques, souffrances humaines. Pourtant, une transformation silencieuse mais déterminante est en cours : « L’an dernier, 2 000 milliards de dollars ont été investis dans les énergies propres, soit 800 milliards de plus que dans les énergies fossiles. »

Les coûts de production des énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne, ont chuté respectivement de 41 % et 53 %, rendant ces alternatives non seulement viables, mais déjà majoritaires dans les nouvelles installations électriques.

Énergies propres : moteur de croissance et de sécurité

Le Secrétaire général insiste sur la dimension économique de cette transition : « En 2023, les énergies propres ont contribué à hauteur de 10 % à la croissance du PIB mondial. Elles emploient désormais plus de 35 millions de personnes dans le monde. »

Même des bastions du pétrole, comme le Texas, se positionnent désormais en champions de l’énergie renouvelable. Une dynamique que M. Guterres juge « inarrêtable » malgré les tentatives d’obstruction de certains lobbies fossiles : « Il est trop tard pour revenir en arrière. »

Mais au-delà de l’économie, il évoque aussi des enjeux stratégiques : « Les combustibles fossiles sont aujourd’hui la plus grande menace pour la sécurité énergétique. Le soleil ne connaît pas d’embargo. Le vent ne subit pas de flambée des prix. »

Une révolution inégale

Si les progrès sont remarquables, ils demeurent inégalement répartis. L’Afrique, malgré son immense potentiel solaire, ne représente encore que 1,5 % des capacités mondiales installées en énergie renouvelable. « Une injustice climatique et énergétique », déplore le Secrétaire général.

Il appelle à « ne pas laisser passer ce moment » et à agir résolument dans six domaines clés :

1. Renforcer les plans climatiques nationaux

Les futurs engagements climatiques (CDN) doivent marquer une rupture claire avec les énergies fossiles. Guterres appelle les États du G20 à « montrer l’exemple » et à présenter des plans ambitieux dès septembre, lors de l’Assemblée générale.

2. Construire les systèmes énergétiques du XXIe siècle

Malgré la progression des renouvelables, les investissements dans les infrastructures – réseaux, stockage, recharge – ne suivent pas. « Nous produisons, mais nous ne raccordons pas assez vite », regrette-t-il, plaidant pour une architecture énergétique moderne et résiliente.

3. Répondre durablement à la demande mondiale croissante

Avec l’essor des villes, de la climatisation et de l’intelligence artificielle, la demande énergétique explose. Le Secrétaire général exhorte les géants de la tech à alimenter tous leurs centres de données avec des énergies renouvelables d’ici 2030.

4. Garantir une transition juste

« La révolution énergétique ne doit pas reproduire les injustices du passé », martèle-t-il. Il appelle à soutenir les travailleurs, les communautés vulnérables et les pays dépendants des fossiles, tout en s’attaquant aux pratiques prédatrices dans l’exploitation des minerais critiques.

5. Mettre le commerce et l’investissement au service du climat

Face à la concentration des matériaux stratégiques dans quelques pays, il prône une diversification des chaînes d’approvisionnement, une réduction des barrières douanières, et une réforme des traités d’investissement qui freinent la transition.

6. Mobiliser massivement la finance verte

L’Afrique, qui capte moins de 2 % des investissements propres mondiaux, doit devenir une priorité. Le Secrétaire général réclame une réforme de l’architecture financière internationale, une augmentation des capacités de prêt des banques multilatérales et des mécanismes de conversion de dettes en investissements climatiques.

Un appel à la responsabilité collective

« Nous avons les outils. Ne les laissons pas rouiller. L’avenir ne se construira ni tout seul, ni assez vite, ni de façon équitable si nous ne le prenons pas en main », conclut-il.

À moins de cinq mois de la COP30 au Brésil, ce discours se veut une feuille de route claire : accélérer, investir, réformer et surtout… ne pas reculer.

Laguinee.info

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