Après plusieurs jours de bras de fer politique et de tempête médiatique, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) a décidé de se conformer aux injonctions du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD). Dans un communiqué officiel publié ce mardi, la Direction nationale du parti annonce la suspension de son congrès extraordinaire initialement prévu pour le 6 juillet 2025.
Une volte-face sous pression, mais justifiée, selon le parti, par le respect des voies légales et la volonté de préserver l’ordre républicain.
Un recours à la Cour suprême contre une décision jugée « arbitraire »
Si l’UFDG plie, elle n’abdique pas. La Direction nationale indique avoir saisi la Cour suprême pour obtenir l’annulation des décisions du ministre de l’Administration du Territoire, qualifiées de « manifestement illégales et arbitraires ». Ces décisions, selon le communiqué, violent les principes fondamentaux garantis par la Charte de la Transition et la Charte des partis politiques, notamment la liberté d’association, la liberté de réunion, et l’autonomie des partis politiques.
L’UFDG estime que l’intervention du MATD, matérialisée par la lettre n°834 du 27 juin 2025, remet en cause une décision de justice autorisant la tenue du congrès, ce qui constitue une « atteinte grave à l’État de droit ».
Une suspension « temporaire et stratégique »
Dans cette déclaration signée par la Direction nationale, le parti précise que la suspension du congrès n’est qu’un gel provisoire, en attendant que la plus haute juridiction du pays se prononce. Le parti entend ainsi respecter les institutions, tout en poursuivant la bataille judiciaire pour faire reconnaître ses droits.
« Dans l’attente du verdict de la Cour suprême, la Direction nationale de l’UFDG décide de suspendre l’organisation du congrès national extraordinaire », peut-on lire dans le communiqué n°054/UFDG/CAB/2025.
Appel à la mobilisation des militants
Malgré cette décision, la direction du parti ne cache pas son agacement et appelle ses militants à rester mobilisés, dénonçant une tentative d’entrave à la vie démocratique du pays.
« Nous appelons l’ensemble des militants et responsables à rester mobilisés pour défendre les droits et libertés de notre parti et à préserver les acquis démocratiques obtenus de haute lutte par le peuple de Guinée », conclut le communiqué.
Un tournant dans la crise interne
Cette décision de suspension marque un tournant dans la crise politique et judiciaire qui secoue l’UFDG depuis plusieurs semaines. En répondant à la pression administrative par un recours judiciaire, le parti joue désormais la carte institutionnelle, tout en s’efforçant de maintenir l’unité de sa base, mise à rude épreuve par les divisions internes.
Il revient désormais à la Cour suprême de trancher. Mais pour l’heure, l’un des plus grands partis de l’opposition guinéenne met entre parenthèses un congrès stratégique, dans un climat de forte tension politique.
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