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Crise de liquidité en Guinée : Dr Ousmane Kaba éclaire, alerte et propose

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Alors que de nombreux Guinéens font face à des difficultés persistantes pour retirer de l’argent dans les agences bancaires du pays, Dr Ousmane Kaba, économiste de renom, homme politique et fondateur de l’Université Kofi Annan de Guinée, a livré une analyse complète de cette crise de liquidité. Dans une déclaration publique, il a tenu à rassurer, tout en pointant les vraies causes du phénomène et les pistes de solution.

Une situation sérieuse mais non alarmante

D’entrée de jeu, Dr Ousmane Kaba tient à distinguer deux notions souvent confondues : illiquidité et insolvabilité.

« C’est une maladie qu’on appelle le problème de liquidité dans les banques. Lorsque les banques n’arrivent plus à satisfaire les besoins de retrait des clients, on dit que la banque est illiquide. Ce n’est pas de l’insolvabilité. »

Selon lui, les banques guinéennes ne sont pas en faillite, mais traversent une phase de tension passagère sur leurs disponibilités. Une nuance importante pour éviter toute panique injustifiée.

Comprendre le rôle des banques : commerçantes d’argent

L’économiste rappelle que la fonction première d’une banque est d’intermédier les flux d’argent.

« Une banque, c’est un commerçant d’argent. Elle se procure de l’argent par les dépôts des clients ou en se refinançant auprès de la Banque centrale. »

Dès lors, un problème de liquidité peut être analysé à travers ces deux sources d’approvisionnement. Si les clients retirent massivement leur argent ou si la Banque centrale limite le refinancement, les banques se retrouvent rapidement à court de liquidités.

L’État pointé du doigt pour ses dépenses extra-budgétaires

Pour Dr Kaba, la crise actuelle trouve l’une de ses origines dans les pratiques budgétaires de l’État : « Généralement, lorsque cela arrive, c’est parce que la Banque centrale a soutenu des dépenses de l’État qui ne sont pas prévues au budget. Ce sont les fameuses dépenses extra-budgétaires. »

Ces dépenses imprévues conduisent la Banque centrale à limiter les crédits aux banques commerciales pour ne pas exploser la masse monétaire, surveillée étroitement par le FMI. Cette stratégie, qualifiée d’« effet d’éviction », est décriée par Dr Kaba qui y voit un affaiblissement du secteur privé.

Quand la confiance s’effondre, la crise s’aggrave

Outre les causes techniques, l’illiquidité est aussi alimentée par la peur du public :

« Une fois que des clients rencontrent des difficultés à retirer leur argent, la rumeur se propage et la confiance s’érode. Cela pousse les autres à thésauriser leur argent. »

La thésaurisation (garder de l’argent liquide chez soi), selon Dr Kaba, accentue la crise, augmente les risques de vols, d’incendies ou de pertes, et affaiblit le système bancaire. Il déconseille formellement cette pratique.

Des solutions à portée de main

Avec pédagogie, Dr Kaba propose plusieurs solutions structurantes :

1. Revoir la politique de refinancement de la Banque centrale :

« L’accès des banques commerciales à leurs dépôts à la Banque centrale doit être illimité et immédiat. Le refinancement doit être assuré dans des conditions convenues. »

2. Respecter les règles budgétaires :

« L’État doit arrêter les dépenses non prévues et éviter de faire pression sur la Banque centrale. »

3. Restaurer la confiance du public :

« J’invite tous les agents économiques à déposer leur argent dans les banques. C’est plus sûr, plus rationnel et bénéfique pour l’économie. »

4. Stabilité réglementaire :

« Il semble qu’il y ait de nouvelles règles à la Banque centrale qui n’ont pas été convenues. Ce n’est pas sain pour la confiance. »

Une crise en voie de résorption ?

Malgré la gravité de la situation, Dr Ousmane Kaba reste modérément optimiste :

« Je pense qu’actuellement, la crise est en train de se résorber. Les banques redeviennent liquides. »

Cependant, il met en garde : une persistance de cette crise aurait de lourdes conséquences sur l’investissement, la consommation et la croissance du pays.

Un appel à la responsabilité collective

Dr Ousmane Kaba conclut avec une mise en garde économique :

« L’inflation, c’est un voleur silencieux qui met des millions de mains dans la poche de chacun pour y dérober notre pouvoir d’achat. »

Son message est clair : pour éviter de sombrer dans un cycle de défiance, l’État, la Banque centrale, les banques commerciales et les citoyens doivent chacun jouer leur rôle dans la stabilisation du système financier guinéen.

 

Laguinee.info

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