Une scène d’horreur au petit matin : la célèbre boîte de nuit « Parisianna », fraîchement rénovée et récemment rouverte au quartier Ernesto, a été entièrement ravagée par un incendie d’origine encore inconnue. Selon les premières estimations, les pertes dépasseraient les 300 millions de francs guinéens. Le propriétaire, Mamadi Ciré Kondiano, crie au sabotage.

Il est 4h du matin lorsque les premières lueurs du feu attirent l’attention des riverains. Le brasier, rapidement devenu incontrôlable, s’empare du bâtiment situé au bord de la RN2. Malgré la proximité de l’escadron mobile Nº20 de la gendarmerie, aucune intervention efficace ne peut être menée. Les flammes bloquent les deux accès principaux. Sans sapeurs-pompiers ni moyens d’extinction disponibles, les gendarmes et le propriétaire, accouru sur les lieux, assistent impuissants à la destruction totale.
« Quand je suis arrivé, les gendarmes tentaient d’ouvrir le portail. Mais les flammes partaient de là-même. Nous avons tenté d’entrer par derrière, mais là aussi, le feu avait déjà pris. Ils m’ont dit de tout abandonner. Il n’y avait ni eau, ni secours. Tout a été réduit en cendres », témoigne Mamadi Ciré Kondiano.

Selon les informations, le sinistre survient à peine quelques jours après l’inauguration de l’établissement, relancé à grands frais à l’occasion de la fête de Tabaski. Selon son propriétaire, plus de 300 millions de GNF avaient été investis dans la rénovation complète des lieux : équipements sonores haut de gamme, écrans plats, amplificateurs, chambre froide, congélateurs, système d’éclairage, mobilier neuf et finitions modernes.
« J’ai tout rénové, des plafonds aux douches. J’ai mis le paquet pour offrir un cadre digne à la jeunesse de Kissidougou. Cette boîte était devenue un repère très convoité. Et voilà qu’elle disparaît dans des circonstances troublantes. Pour moi, c’est un acte criminel. »
Mamadi Ciré Kondiano affirme avoir quitté les lieux à 3h du matin avec son équipe. Une heure plus tard, le feu démarre, précisément aux deux points d’entrée, empêchant toute tentative de sauvetage du matériel. Le scénario interroge, et alimente la piste d’un incendie volontaire.

Très tôt ce matin, le préfet de Kissidougou et les responsables de la commune se sont rendus sur place pour constater les dégâts et exprimer leur solidarité au propriétaire. Une présence qui, selon lui, apporte un soutien moral, mais ne suffit pas.
« Je demande aux forces de sécurité de mener une enquête sérieuse. Ce qui est arrivé ne me concerne pas que moi. C’est toute la jeunesse de Kissidougou qu’on vient de frapper en plein cœur», poursuit-il.

Depuis l’annonce du drame, le domicile de Mamadi Ciré Kondiano ne désemplit pas. Appels de soutien, messages de compassion, élans de solidarité : les citoyens de Kissidougou semblent tous touchés par la disparition brutale de ce lieu emblématique des nuits locales.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel incendie frappe une boîte de nuit dans la commune. Il y a quelques mois, un sinistre similaire avait détruit l’établissement « Kebson », situé non loin. Là encore, l’origine du feu n’a jamais été élucidée.
À Kissidougou, le feu couve. Et cette fois encore, c’est la nuit qu’il a choisi de consumer.
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