La question électorale continue d’alimenter les tensions au sein de l’appareil d’État en Guinée. La conférence de presse tenue ce mercredi 4 juin par le Premier ministre en est une nouvelle illustration.
Interrogé sur l’organe en charge de l’organisation des prochaines élections, le chef du gouvernement a botté en touche, renvoyant la responsabilité au sommet de l’exécutif : « Certaines questions doivent être directement posées au président de la République », a-t-il déclaré, qualifiant ce dernier de « maître du temps et de la décision », selon progguinee.com
Un glissement sémantique qui en dit long sur la ligne de communication désormais adoptée par le gouvernement. Sur les dossiers électoraux, la prudence semble être devenue la règle. Cette posture tranche avec les sorties plus tranchées de certains membres de l’exécutif ces dernières semaines, et témoigne des rapports parfois brouillés entre les principales figures du pouvoir de Transition.
Des discours qui se contredisent
Il y a à peine deux semaines, le 22 mai, le général Amara Camara, ministre secrétaire général de la présidence et porte-parole du gouvernement, refusait lui aussi de s’engager sur un calendrier électoral, au-delà du référendum annoncé pour le 21 septembre prochain. Une position prudente, exprimée dans un contexte où les attentes sont fortes et les engagements scrutés de près par la classe politique et la communauté internationale.
Or, dix jours plus tôt, le ministre d’État Ahmadou Oury Bah affirmait, lors d’un déplacement à Abidjan, que les élections législatives et présidentielle se tiendraient en décembre 2025. Deux discours, deux approches, une seule réalité : l’incertitude.
Un jeu d’équilibre institutionnel
Ces contradictions, loin d’être anecdotiques, reflètent les lignes de tension au sein d’un exécutif où chaque déclaration semble pesée, parfois même corrigée par la suite. La sortie du général Camara, rappelant que seul le président de la Transition peut fixer la date des scrutins, apparaît désormais comme un recentrage stratégique, destiné à rappeler les équilibres institutionnels instaurés depuis le début de cette période transitoire.
Officiellement, les autorités réaffirment leur volonté de respecter les engagements pris. Mais les silences, les hésitations et les renvois de responsabilité laissent entrevoir une autre lecture : celle d’une stratégie de temporisation, voire de verrouillage politique, à mesure que s’approche l’échéance électorale.
Dans ce climat incertain, les regards restent tournés vers le palais présidentiel, où se joue désormais l’essentiel du tempo électoral.
Laguinee.info







