Pour la première fois de son histoire, la République de Guinée accueille la 42e session ordinaire du Conseil des ministres du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES). L’événement, qui se tient à Conakry, a été officiellement ouvert sous la présidence du Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, en présence de délégations venues de 19 États membres ainsi que du Tchad, de Madagascar et du Gabon.
Pendant quatre jours, les participants: enseignants-chercheurs, experts, ministres et responsables académiques échangeront autour des grandes problématiques du développement de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique sur le continent.

Dans son discours d’ouverture, le secrétaire général du CAMES, Souleymane Konaté, a souligné la place centrale qu’occupe l’institution dans la consolidation d’un espace académique africain intégré :
« [Le CAMES] a joué un rôle fondamental dans la construction d’un espace académique africain de qualité, en tissant des liens entre nos systèmes nationaux, en valorisant nos chercheurs, et en promouvant une vision africaine de l’excellence universitaire. »
Il a mis en lumière les récentes avancées opérées sous sa direction, citant notamment « une gouvernance inclusive et participative au sein du Secrétariat général » ainsi que « l’organisation en bimodale des concours d’agrégation, avec succès ».
La présidente en exercice du Conseil des ministres du CAMES, Delphine Emmanuel Né-Adouki, a indiqué que cette rencontre vise à évaluer la mise en œuvre du « projet stratégique mobilisateur » de l’institution.
« Il s’agit de partir des succès réalisés afin d’envisager d’autres batailles, d’ouvrir d’autres perspectives », a-t-elle affirmé, en insistant sur la participation active de nouveaux partenaires, notamment le Tchad, la Guinée équatoriale et des bailleurs techniques et financiers.

Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a pour sa part appelé à une synergie des ressources africaines face aux défis démographiques, économiques et technologiques :
« La nécessité absolue en ce qui nous concerne est de préparer l’avenir de cette génération montante qui se chiffre en des centaines de millions de personnes. […] Réfléchir à la manière dont nous devons mutualiser nos ressources, mutualiser nos capacités pour nous permettre d’exister. »
Il a également alerté sur les conséquences de la révolution numérique :
« Avec l’intelligence artificielle, celui qui ne produit pas suffisamment va être de plus en plus relégué à la périphérie du savoir. »

Le ministre guinéen de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation a rappelé que la Guinée a toujours entretenu une collaboration étroite avec le CAMES. Il a cité, entre autres, la tenue de deux réunions du comité constitutionnel en 2022, ainsi que l’organisation de la 22e session du concours d’agrégation à Conakry en novembre 2024, qui avait rassemblé plus de 600 participants venus de 13 pays.
Il a également déclaré :
« La 42e session s’inscrit dans la dynamique de renforcement de l’intégration académique africaine et marque une étape importante dans la mise en œuvre du plan stratégique de développement du CAMES, en vue de faire de l’institution une référence internationale en matière d’évaluation scientifique à l’horizon 2033. »

Malgré les progrès, les intervenants n’ont pas manqué de souligner les défis persistants. Delphine Emmanuel Né-Adouki a mis en garde contre toute forme d’autosatisfaction :
« Il ne doit en aucun cas nous conduire à l’autosatisfaction, ni nous faire oublier les défis qui demeurent dans un monde de plus en plus marqué par l’intelligence artificielle dont nos systèmes d’enseignement et de recherche doivent tirer pleinement profit. »
Elle a enfin lancé un appel à la solidarité entre pays membres et partenaires :
« L’heure est temps à l’unité et à l’ambition partagée. Mobilisons-nous sans réserve afin de former le capital humain nécessaire au développement durable du continent. […] Le bilan que nous dressons aujourd’hui, bien que non exhaustif, est source de légitime satisfaction. »
Cette 42e session constitue une étape stratégique dans le repositionnement du CAMES comme moteur de transformation du paysage académique africain. Les travaux se poursuivent jusqu’au 24 mai à Conakry.
IAC, pour Laguinee.info







