Un violent incendie s’est déclaré dans la nuit du lundi 19 mai 2025 au marché Dibida de Kankan, ravageant trois boutiques et leur contenu.

Si aucune perte en vie humaine n’est à déplorer, les pertes matérielles sont énormes. Les flammes, dont l’origine reste inconnue, ont surpris les commerçants, impuissants face à la violence du feu.
Mme Bintou Sidibé, l’une des victimes, raconte la scène avec des mots bruts, empreints de douleur :
« C’est quand j’ai fini de faire ma prière de 20h que mon fils m’a dit qu’il y a l’incendie auprès de notre boutique. J’étais inquiète donc je suis sortie directement. En venant, j’ai croisé une dame qui m’a dit qu’il y a du feu dans ma boutique. Au moment où je suis venue, tout a été brûlé. Rien n’est sorti, même la porte n’a pas pu être ouverte. Les sapeurs-pompiers sont venus mettre de l’eau, mais c’était trop tard puisqu’ils ne sont pas venus tôt. »

L’intervention des sapeurs-pompiers, alertés par des voisins, a permis d’éviter la propagation du feu à d’autres parties du marché. Mais pour les trois commerçantes touchées, tout est perdu. Les marchandises, dont la valeur est estimée à plusieurs millions de francs guinéens, ont été entièrement consumées.

Mme Sidibé, encore sous le choc, ajoute :
« Je ne pourrais estimer la perte, mais j’ai beaucoup perdu parce que c’est hier même que j’ai envoyé des nouvelles robes d’abaya. Une de ces robes s’achète à 250.000 ou 300.000 francs. Il y avait les marchandises de mon fils aussi dans ma boutique. C’est tout mon marchandise qui est partie en fumée. Je n’ai rien maintenant. Le président Doumbouya n’a qu’à avoir pitié de moi, de m’aider. »
Mais l’incendie a aussi ouvert la voie à d’autres actes dramatiques. Alors que certains tentaient de limiter les dégâts, d’autres en ont profité pour voler.
M’ballou Diané, dont la boutique n’a pas été touchée par le feu, a subi des pertes dues aux pillages :
« Ma boutique n’a pas été touchée par le feu grâce à Dieu, mais j’ai été victime de vol. Ils ont volé beaucoup de mes marchandises, mes bazins riches qui coûtaient 3.000.000, mes robes abaya. Même les objets confiés ont été aussi volés. »

Les sinistrées, profondément affectées, appellent à l’aide. Hadja Bintou Dramé, la voix brisée, implore :
« Si les autorités nous aident, ça nous fera énormément plaisir. C’est notre seul gagne-pain et nous avons des enfants à nourrir. On a tout perdu. »
Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes de l’incendie. En attendant, les victimes s’organisent tant bien que mal au sein du marché, entre larmes, colère et solidarité.
À Dibida, les flammes ont tout pris. Ne restent que la détresse et l’attente d’un geste de secours.
Karifa Kansan Doumbouya, correspondant à Kankan, pour Laguinee.info







