spot_img
spot_img
spot_imgspot_imgspot_imgspot_img
spot_img

Fermeture des médias en Guinée : Bah Oury assume, sans concessions

spot_imgspot_imgspot_img

À LIRE AUSSI

Les mots sont choisis, mais le message est sans détour. Lors de l’ouverture du Forum sur l’avenir de la presse en Guinée, le Premier ministre Amadou Oury Bah a assumé, avec fermeté, les récentes fermetures de plusieurs médias dans le pays. Un sujet brûlant que le chef du gouvernement a abordé de front, devant un parterre composé de journalistes guinéens, de membres de son gouvernement et d’invités internationaux.

« Les observateurs avertis savaient que ça allait venir », a-t-il déclaré, évoquant une dérive de certains organes qui, selon lui, cherchaient à « prendre la totalité de l’espace médiatique ». Ces propos, tenus depuis la tribune officielle, confirment ce que nombre de professionnels de l’information redoutaient : la fermeture des médias n’est pas un accident, mais un acte réfléchi, assumé par le pouvoir exécutif.

Depuis plus d’un an, plusieurs radios, télévisions et sites d’information sont sous le coup de sanctions. Certains ont vu leurs locaux fermés, d’autres leurs fréquences ou noms de domaine suspendus. Une situation sans précédent depuis l’ouverture démocratique des années 2010, qui a suscité l’inquiétude des organisations de défense de la liberté de la presse, en Guinée comme à l’étranger.

Face à ces critiques, Bah Oury joue la carte de la responsabilité. Il évoque une presse qui doit participer à la construction d’un « climat apaisé », tout en saluant l’émergence de nouveaux médias, portés par une « génération plus nuancée ». Il affirme que la Guinée entre dans une phase d’« apaisement », sans pour autant annoncer de mesures concrètes pour la réouverture des médias fermés.

Le Premier ministre rappelle que la refondation engagée par les autorités a besoin de « contre-pouvoirs efficaces », un rôle que la presse doit incarner avec « responsabilité » et dans le respect des « croyances et valeurs » de la société. Une main tendue en apparence, mais qui n’efface pas les nombreuses voix réclamant la levée des restrictions et le retour à un pluralisme médiatique réel.

En toile de fond, une question demeure : à quel prix se construit cette nouvelle ère médiatique annoncée par le gouvernement ? Pour l’instant, les rédactions concernées restent muettes — contraintes au silence — tandis que la liberté de la presse, elle, continue de naviguer en eaux troubles.

Laguinee.info

- Advertisement -
spot_img
spot_img
spot_img

ECHO DE NOS RÉGIONS