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Recensement à Kankan : l’administrateur du marché Dibida menace d’évincer les non-inscrits

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Le recensement à vocation d’état civil, lancé par les autorités guinéennes, suscite une vague de réactions de plus en plus fermes dans la région de la Haute-Guinée. Après les propos controversés du ministre de l’Administration du territoire, Mory Condé, qui avait averti que les personnes non recensées seraient privées de voyage ou même d’enterrement, c’est au tour de l’administrateur du plus grand marché de Kankan de monter le ton.

Dans une déclaration faite ce lundi au micro de laguinee.info, Diamon Doumbouya, administrateur du marché Dibida, a annoncé des mesures strictes contre les commerçants et commerçantes qui ne se seraient pas fait enregistrer : « La semaine à venir, nous allons passer le marché pour demander. Toute personne qui n’est pas recensée sera enlevée à sa place », a-t-il martelé.

Selon M. Doumbouya, deux dispositifs de recensement ont été installés à l’intérieur du marché pour faciliter l’inscription des vendeuses, qui, selon lui, n’ont souvent pas le temps de se rendre dans les centres classiques de recensement.

« C’est la première fois qu’on ait une machine uniquement pour les femmes du marché Dibida. Parce que les femmes quittent la maison à 6h du matin et ne rentrent que tard le soir. Elles n’ont pas le temps de se faire recenser. C’est pourquoi, cette fois-ci, nous avons tout mis en place pour qu’elles le fassent ici », a-t-il précisé.

Ce ton ferme tranche avec les campagnes de sensibilisation plus modérées qui ont précédé, et relance le débat sur les méthodes utilisées pour inciter la population à participer au recensement. Tandis que les autorités insistent sur l’importance de cette opération pour l’identification des citoyens et la planification des politiques publiques, certains observateurs dénoncent une dérive coercitive qui risque de susciter plus de résistance que d’adhésion.

À Kankan, où le marché Dibida constitue un poumon économique vital, cette menace d’expulsion pourrait avoir un impact direct sur des centaines de familles qui dépendent de leurs activités commerciales quotidiennes. Reste à savoir si cette stratégie produira les effets escomptés ou si elle accentuera le climat de tension autour d’un processus déjà contesté dans certaines localités.

 

De Kindia, Karifa Kansan Doumbouya, pour Laguinee.info

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