Depuis trois ans, un litige foncier oppose la famille Sacko à un certain Colonel Gaoussou Touré, membre influent des forces de défense et de sécurité, notamment de la douane. Au cœur du conflit, deux parcelles situées au quartier Sitakourou, dans la commune urbaine de Kankan.

Selon la famille Sacko, ces terres appartiennent à leur grand-père depuis plus de 70 ans. Une partie aurait été réquisitionnée par l’État pour la construction d’un terrain de football, mais les deux parcelles restantes leur reviendraient de droit. Cependant, le Colonel Touré aurait entamé des travaux sur ces terrains, affirmant les avoir achetés.
Des tensions persistantes
Face à cette situation, la famille Sacko s’est confiée à notre rédaction ce lundi 24 février 2025. « Nous avons un problème ici, et personne n’a le pouvoir, seul Dieu », témoigne l’un des membres de la famille. Il accuse Gaoussou Touré d’utiliser son influence pour s’approprier le terrain.

D’après leur récit, le colonel aurait engagé des ingénieurs pour construire sur douze parcelles, dont les deux en litige. « Quand on a demandé de voir celui qui lui aurait vendu ces terrains, il était introuvable. Ensuite, il a déclaré que c’est l’État qui lui a vendu le domaine, mais sans préciser quel département », expliquent-ils.

Les tensions ont atteint leur paroxysme lorsque des ouvriers sont revenus sur le terrain, malgré une injonction de la gendarmerie d’arrêter les travaux. « Nous avons prévenu les forces de l’ordre, mais elles nous ont dit de laisser faire, en prétextant que cela servirait de preuve contre lui », poursuit la famille Sacko.
Le chef de quartier confirme l’antériorité du conflit
Le chef de quartier de Bountouron, témoin de cette affaire, a confirmé que ce différend foncier ne date pas d’hier. « Depuis que je suis ici, ce conflit existe. Mon prédécesseur avait déjà été saisi par la famille Sacko, qui affirme être propriétaire du terrain. Plus tard, j’ai moi-même constaté que le fils de M’bemba Touré construisait sur la parcelle. Quand j’ai interrogé les maçons, ils ont donné son nom. Je leur ai demandé d’arrêter les travaux en attendant qu’on clarifie la situation. »

Alerté, le maire aurait répondu que le terrain appartenait à l’État, tout en reconnaissant qu’un individu se proclamait propriétaire.
Une justice silencieuse ?
Face à ces accusations, l’officier en charge du dossier a rejeté toute responsabilité, affirmant que la famille Sacko ne dispose d’aucun document prouvant leur propriété. En revanche, Gaoussou Touré aurait présenté un titre foncier attestant que l’État lui aurait vendu la parcelle. Toutefois, il a refusé que ces documents soient photographiés par la presse.

Le vieux Sacko, malade, ne peut pas se déplacer pour défendre son dossier. La famille estime que cette situation est exploitée pour retarder le transfert du dossier devant la justice.
Qui a raison dans cette affaire ? Pourquoi l’État aurait-il vendu cette parcelle ? Nous tenterons d’obtenir des éclaircissements auprès des autorités compétentes dans les prochaines heures. Affaire à suivre…
De Kankan, Karifa Kansan Doumbouya, pour Laguinee.info







