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Guinée : pour une énième fois, l’ABLOGUI dénonce le blocage de Facebook

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Facebook de nouveau difficilement accessible en Guinée. L’Association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI) affirme avoir constaté, ce mardi 25 août 2026, des restrictions ciblant la plateforme sur le territoire national. L’organisation demande le rétablissement immédiat de l’accès et réclame des explications aux autorités, au régulateur et aux opérateurs.

L’alerte a été donnée dès les premières heures de la journée. Face aux signalements faisant état de difficultés d’accès à certaines plateformes numériques, l’ABLOGUI dit avoir activé son dispositif de veille afin de vérifier la situation.

L’association affirme avoir mobilisé son réseau de moniteurs présents à Conakry et dans plusieurs localités de l’intérieur du pays. Des tests de connectivité ont notamment été réalisés à l’aide d’outils indépendants, dont OONI Probe.

Selon les résultats communiqués par l’organisation, les tests « convergent sur un blocage ciblé de Facebook », marqué notamment par une latence du réseau ainsi que des difficultés à afficher des photos et’

à lire des vidéos. Pour l’ABLOGUI, ces éléments « excluent toute hypothèse de panne ordinaire ».

Aucune explication officielle

Au moment de la publication de son communiqué, l’ABLOGUI déplore l’absence d’explications de la part de l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT), des opérateurs de téléphonie mobile et des fournisseurs d’accès à Internet.

L’association estime que cette absence de communication pose également une question de transparence vis-à-vis des utilisateurs. Elle demande donc aux opérateurs et au régulateur de préciser « l’origine et le fondement de cette restriction ».

Pour l’organisation, le problème dépasse la seule impossibilité d’accéder à un réseau social.

« Pour des millions de Guinéens, Facebook représente bien plus qu’une simple plateforme sociale », rappelle l’ABLOGUI. Selon elle, la plateforme constitue également « un canal essentiel d’accès à l’information, d’échange et de participation au débat public ».

L’association considère ainsi que la restriction de son accès affecte directement l’espace numérique dans lequel s’exercent la liberté d’expression, le droit à l’information et la liberté de communication.

L’ABLOGUI invoque les textes sur les libertés

Pour appuyer sa position, l’organisation renvoie à plusieurs textes juridiques. Elle cite notamment l’article 19 de la Constitution guinéenne, relatif à la liberté d’expression et d’opinion, ainsi que l’article 9 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples concernant le droit à l’information.

L’ABLOGUI évoque également l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui encadre la liberté d’expression et les éventuelles restrictions pouvant lui être apportées.

Selon l’association, « toute atteinte à ces droits exige une base légale explicite et une justification fondée qui doit être rendue publique ».

Une restriction qui revient dans le débat public

Ce nouvel épisode intervient alors que les restrictions d’accès aux plateformes numériques constituent régulièrement un sujet de préoccupation pour les organisations de la société civile et les acteurs des médias en Guinée.

L’ABLOGUI estime que la situation actuelle doit être replacée dans cette continuité. Elle rappelle également que la Guinée a accepté, lors de son dernier Examen périodique universel, 246 des 257 recommandations formulées par la communauté internationale, dont certaines portent sur la nécessité de favoriser un espace civique libre, ouvert et sécurisé.

Pour l’association, les restrictions numériques doivent donc être expliquées et encadrées afin de permettre aux utilisateurs de connaître les raisons et la base juridique de toute mesure affectant leur accès à Internet.

Quatre demandes

Dans son communiqué, l’ABLOGUI formule quatre principales demandes.

Elle « condamne sans réserve » le blocage qu’elle affirme avoir constaté et exige « son rétablissement immédiat et sans condition sur l’ensemble du territoire national ».

L’organisation interpelle ensuite les autorités sur leur obligation de préserver, selon elle, « un accès ouvert, stable et non discriminatoire à Internet ».

Elle demande parallèlement à l’ARPT, aux opérateurs et aux fournisseurs d’accès de s’expliquer sur l’origine de la restriction.

Enfin, elle encourage les citoyens, les journalistes et les acteurs de la société civile à documenter les conséquences du blocage et à signaler les éventuels actes de censure numérique, tout en appelant à la responsabilité dans cette démarche.

À travers cette nouvelle sortie, l’ABLOGUI remet donc au centre du débat la question de l’accès à Internet, de la transparence des opérateurs et de la protection des libertés numériques en Guinée. Pour l’heure, le communiqué de l’association ne fait pas état d’une réponse officielle expliquant les raisons de la restriction signalée.

Laguinee.info

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