Dans son dernier rapport trimestriel, le BINUH et le Haut-Commissariat aux droits de l’homme dressent un constat alarmant : enfants transformés en combattants, jeunes filles soumises à des viols collectifs comme arme de contrôle territorial, et une réponse sécuritaire jugée insuffisante.
Trente pages. Et un constat qui s’aggrave. Le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) viennent de publier leur rapport trimestriel sur les droits humains en Haïti. Le document, actualisé au 26 août, décrit une situation sécuritaire, humanitaire et judiciaire « particulièrement préoccupante ».
Au cœur du rapport : les enfants
Des enfants sans alternative, face aux gangs
Dans un pays où la violence s’ajoute à la pauvreté et à la fermeture des écoles, les groupes armés intensifient le recrutement des mineurs, alerte l’ONU.
« De nombreux enfants se retrouvent sans autre alternative […] que de céder aux pressions ou aux offres financières dérisoires des bandes armées. Certains sont utilisés comme guetteurs, informateurs ou transporteurs de munitions, tandis que d’autres sont directement armés et envoyés au front« , lit-on dans le rapport.
Le refus n’est pas une option. Selon le BINUH, refuser de rejoindre les gangs expose les enfants et leurs familles à de « graves représailles », rendant tout désengagement extrêmement difficile.
Les violences sexuelles comme arme de guerre
Le rapport est particulièrement explicite sur le sort des jeunes filles.
« Les violences sexuelles collectives et la servitude forcée continuent d’être utilisées de façon tactique par les gangs« , alerte l’ONU. Une tactique assumée pour terroriser les populations et verrouiller le contrôle territorial.
Dans les zones sous domination des groupes armés, l’absence de protection et l’effondrement des services essentiels laissent la plupart des victimes sans prise en charge médicale ni soutien psychosocial.
« La réponse ne saurait être uniquement policière »
Face à ce tableau, le BINUH appelle à sortir du tout-sécuritaire.
« La réponse à la crise sécuritaire ne saurait être uniquement policière« , souligne l’organisation onusienne, qui plaide pour un renforcement massif des programmes de protection de l’enfance, de désengagement des mineurs des groupes armés et de réinsertion.
L’ONU appelle dans le même temps la communauté internationale à renforcer son soutien à la Police nationale d’Haïti (PNH) et à intensifier la lutte contre le trafic d’armes et de munitions qui alimente les gangs.
Un rapport qui, une fois de plus, décrit Haïti non plus seulement comme une crise sécuritaire, mais comme une crise de l’enfance.
Laguinee.info





