Le coût annoncé pour la rénovation du stade du 28 Septembre et du stade Général Lansana Conté de Nongo continue de susciter des interrogations. L’enveloppe, estimée à environ 225 millions de dollars américains, alimente le débat sur le coût des infrastructures sportives et sur l’utilisation des ressources publiques.
Quarante-huit heures après l’homologation provisoire du stade du 28 Septembre, le ministre des Sports, Cellou Baldé, a été interpellé par la presse sur le montant consacré aux travaux. La question portait notamment sur l’opportunité d’auditer les différents contrats liés à ces infrastructures.
Le ministre affirme que le gouvernement reste disposé à examiner tout dossier qui présenterait des irrégularités. Il rappelle que les contrôles peuvent être engagés lorsqu’un contrat ou une opération soulève des interrogations.
Abordant directement la question du coût des travaux, Cellou Baldé invite toutefois à replacer les montants annoncés dans le contexte du marché international des infrastructures sportives. Il souligne notamment la nature des équipements concernés et l’intervention d’entreprises spécialisées.
Le ministre explique ainsi pourquoi il estime que le montant annoncé doit être comparé aux standards internationaux :
« Elles sont indexées sur les devises internationales. Au stade du 28 Septembre, c’est Guicopres, une entreprise guinéenne, qui intervient. Ici, au stade de Nongo, c’est TACCON, une entreprise éthiopienne certifiée par la CAF et la FIFA pour la réalisation d’infrastructures sportives modernes. L’entreprise qui pose le gazon est Limonta, une entreprise italienne également certifiée par la CAF et la FIFA. »
Pour Cellou Baldé, la conversion du montant en francs guinéens peut donner une perception différente de l’enveloppe consacrée aux travaux. Il estime que les comparaisons doivent plutôt tenir compte des coûts pratiqués sur le marché international pour ce type d’infrastructures.
Il poursuit en appelant à ne pas tirer de conclusions uniquement à partir du chiffre global annoncé :
« Je ne présume de rien, mais je souhaite que l’on évite parfois le son des chiffres. Quand on entend des millions de dollars et qu’on les convertit en francs guinéens, on a l’impression que c’est une mer à boire. Or, au regard des cours du marché international pour ce type d’infrastructures, nous sommes dans la fourchette. »
Des contrôles annoncés sur les contrats
Malgré cette mise au point, le ministre n’écarte pas la possibilité de contrôles sur les opérations concernées. Il rappelle que plusieurs structures de l’État disposent de compétences en matière de vérification et d’inspection.
Selon lui, l’Inspection générale des finances a récemment effectué une mission au ministère des Sports. Un rapport aurait été transmis et serait actuellement en cours d’analyse par les services concernés.
Cellou Baldé précise la situation du rapport et la position du ministère :
« En tout état de cause, au sein de l’administration, chaque entité joue son rôle. L’Inspection générale des finances vient de quitter nos locaux, elle a soumis un rapport en cours d’analyse auquel le ministère apportera des réponses. »
Le ministre assure par ailleurs que les dossiers susceptibles de présenter des irrégularités pourront faire l’objet d’un examen. Il cite notamment les contrats considérés comme litigieux ou les opérations qui nécessiteraient des éclaircissements supplémentaires.
Il réaffirme enfin la volonté des autorités de faire la lumière sur les éventuelles anomalies :
« Pour le reste, qu’il s’agisse d’un dossier suspect ou d’un contrat litigieux, vous pouvez compter sur le ministère, mais aussi sur le général Mamadi Doumbouya. Il ne dormira pas tant que toute la clarté ne sera pas mise dessus. »
Le débat sur les 225 millions de dollars reste donc ouvert. Le ministre des Sports défend un montant qu’il considère compatible avec les standards du marché international, tout en annonçant la poursuite des mécanismes de contrôle. La publication ou l’examen des rapports d’inspection pourrait permettre d’apporter davantage d’éléments sur le coût réel des travaux et sur l’utilisation de cette enveloppe.
Laguinee.info





