À l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, le torchon brûle entre la section syndicale et l’administration. Les travailleurs annoncent la suspension de leurs activités et donnent jusqu’au 12 août au Recteur pour ouvrir un véritable dialogue. À défaut, le mouvement pourrait prendre une dimension nationale.
À Sonfonia, les portes se ferment et la tension monte
Selon nos confrères de Soleilfm.com, la section syndicale de l’Université Général Lansana Conté (UGLC) a décidé de suspendre ses activités. Une « simple alerte », selon ses responsables. Mais le message adressé au Recteur est loin d’être anodin : les syndicats dénoncent le manque de dialogue, l’absence de transparence et des conditions de travail qu’ils jugent préoccupantes.
Le mouvement intervient près de deux mois après la fermeture des classes dans les institutions d’enseignement supérieur du pays.
Pour Mamadou Adama Sow, secrétaire général de la section syndicale, la situation est arrivée à un point critique. Il affirme que le Recteur, nommé en octobre 2023, n’aurait rencontré les représentants syndicaux qu’une seule fois.
« Depuis la nomination de Monsieur le Recteur, le 18 octobre 2023, jusqu’à aujourd’hui, 8 août, il ne nous a rencontrés qu’une seule fois », dénonce-t-il.
Le syndicaliste ne s’arrête pas là. Il décrit une institution où, selon lui, le dialogue social est au point mort.
« Aucun texte n’est respecté, il n’y a pas de dialogue, il n’y a pas de transparence dans la gestion de la chose publique. Rien ne va », martèle-t-il.
Une université sous tension
Dans les locaux de l’UGLC, le syndicat affirme avoir choisi la suspension des activités pour éviter une escalade immédiate.
Mais derrière cette prudence affichée, la menace est claire.
Mamadou Adama Sow prévient que l’absence d’accord pourrait faire sortir le conflit des murs de Sonfonia.
« Si, ici, mercredi, il n’y a pas d’entente, ça sera national », affirme-t-il.
Le responsable syndical accuse également l’administration de ne pas suffisamment respecter les travailleurs:.« Les autorités ne respectent pas les travailleurs. Ils nous prennent comme des sujets », lance-t-il.
Des propos qui traduisent la profondeur du malaise dénoncé par la représentation syndicale.
« Tout le monde est à la maison »
Le syndicat revendique par ailleurs une mobilisation importante des travailleurs.
Selon Mamadou Adama Sow, plusieurs services de l’université seraient actuellement à l’arrêt. Il cite notamment la scolarité, qu’il présente comme « le nerf » de l’institution.
« Regardez, la scolarité est fermée. C’est le nerf même, c’est le poumon de l’institution. Regardez, tout est fermé », affirme-t-il.
Le syndicaliste assure que la décision de suspendre les activités bénéficie du soutien des travailleurs.
« C’est eux qui m’ont donné le quitus pour déclencher cette grève parce que ça ne va pas », soutient-il.
Il reproche également à l’administration de minimiser le rôle des représentants syndicaux dans la résolution des problèmes internes.
Le dialogue comme porte de sortie
Malgré la fermeté de son discours, Mamadou Adama Sow affirme ne pas rechercher l’affrontement.
Le syndicat réclame surtout l’ouverture de négociations avec l’administration et l’implication des autorités compétentes.
« Nous rassurons tout le monde qu’il n’y aura pas de brouille. Seulement, ce n’est qu’une simple alerte », assure-t-il.
Reste désormais à savoir si cette « alerte » restera cantonnée à Sonfonia. Le 12 août apparaît comme une échéance importante. D’ici là, l’administration universitaire et les représentants des travailleurs devront trouver un terrain d’entente pour éviter que le bras de fer ne déborde du campus.
À Sonfonia, le problème n’est donc plus seulement celui d’un syndicat mécontent. C’est désormais le dialogue social dans une grande institution publique d’enseignement supérieur qui est mis à l’épreuve.
Laguinee.info





