Depuis le déguerpissement du marché KM36, plusieurs commerçants peinent à retrouver des espaces de vente adaptés. Certains ont choisi de s’installer provisoirement aux abords de la route pour continuer leurs activités. Entre baisse de la clientèle, difficultés de travail et risques liés à l’occupation de la voie publique, Aladji Soumah tente de maintenir son commerce malgré les obstacles.

Au marché Km36, le quotidien d’Aladji Soumah n’est plus le même depuis l’opération de déguerpissement. Avant cette intervention, le jeune commerçant disposait d’un emplacement où il exposait ses vêtements et accueillait ses clients. Aujourd’hui, il est contraint de s’installer au bord de la route, dans un espace beaucoup plus réduit.
Dès les premières heures de la journée, il dispose ses habits sur un petit espace aménagé à même le sol. Autour de lui, d’autres commerçants tentent également de poursuivre leurs activités dans les mêmes conditions. Entre les véhicules qui circulent, les passants et le manque d’espace, vendre devient un véritable défi quotidien.
« Avant, on vendait normalement. Aujourd’hui, ce n’est plus pareil. On manque de place et cela complique notre travail », explique-t-il.

Selon Aladji Soumah, plusieurs commerçants touchés par le déguerpissement ont entrepris des démarches pour obtenir de nouveaux emplacements. Mais jusqu’à présent, il affirme ne pas avoir trouvé une solution durable lui permettant de reprendre son activité dans de meilleures conditions.
Cette nouvelle situation aurait également eu des conséquences sur sa clientèle. Installé loin de son ancien emplacement, il estime que plusieurs clients ont du mal à le retrouver, ce qui entraîne une baisse des ventes.
« Quand nous étions dans le marché, les clients venaient facilement. Maintenant, beaucoup passent sans s’arrêter parce que nous sommes au bord de la route », explique-t-il.
En plus de la diminution des ventes, le commerçant évoque les difficultés liées aux contrôles sur la voie publique. Il affirme que les vendeurs installés aux abords de la route sont régulièrement exposés aux interventions des agents chargés de faire respecter les règles d’occupation.

Selon lui, ces opérations perturbent parfois leur activité et peuvent entraîner la saisie de marchandises.
Aladji Soumah affirme avoir déjà été confronté à cette situation. Il explique avoir dû dépenser de l’argent pour récupérer certains articles saisis. Il évoque également des promesses qui auraient été faites par certaines personnes concernant l’obtention d’un nouvel espace de vente en échange d’argent, sans que ces démarches n’aboutissent.
Malgré ces difficultés, le jeune commerçant refuse d’abandonner son activité. Chaque matin, il revient installer ses vêtements dans l’espoir de trouver quelques clients et de réaliser des ventes pour subvenir à ses besoins.
Pour lui, comme pour plusieurs autres vendeurs concernés par le déguerpissement, la priorité reste l’obtention d’un espace stable où ils pourront exercer leur commerce en toute sécurité.
Au marché Km36, derrière les étals improvisés installés au bord de la route, se cache le quotidien de commerçants qui tentent de s’adapter à une nouvelle réalité. Entre espoir de retrouver une place et nécessité de continuer à travailler, Aladji Soumah poursuit son combat pour maintenir son activité.
Mamadou Oury Diallo et Mamadou Lamarana Diallo, Stagiaires pour Laguinee.info





