À Dar-Es-Salam, dans la commune de Ratoma, une immense montagne d’ordures domine le paysage. En cette saison des pluies, les déchets s’accumulent davantage, les fumées se mêlent aux mauvaises odeurs et les eaux de ruissellement traversent les immondices. À quelques mètres seulement, des familles vivent au quotidien avec cette décharge à ciel ouvert, malgré les risques pour leur santé et leur environnement.

Difficile de passer à Dar-Es-Salam sans remarquer cette immense montagne d’ordures. Dès l’arrivée sur les lieux, les déchets attirent le regard. Des sacs plastiques, des cartons, des bouteilles, des restes de nourriture et d’autres détritus s’entassent sur plusieurs mètres. Par endroits, de la fumée s’élève des tas d’immondices, tandis qu’une forte odeur envahit les alentours.
En cette saison des pluies, les eaux de ruissellement traversent les déchets avant de se répandre dans les environs. La boue se mélange aux ordures, rendant certains passages difficiles. À quelques mètres seulement de cette décharge, des habitations sont encore occupées. Les habitants vivent chaque jour avec les fumées, les mouches et les mauvaises odeurs.
Au pied de cette montagne de déchets, plusieurs récupérateurs fouillent les ordures à la recherche d’objets pouvant être revendus. Parmi eux, un jeune homme explique que cette activité lui permet de subvenir à ses besoins.
« Je n’ai pas le choix. Chaque jour, je suis ici avec mes amis. Nous ramassons des sacs pour les revendre afin d’avoir de quoi manger. Nous tombons malades à cause de la fumée que nous respirons tout au long de la journée. »
Tout autour, les camions continuent de déverser de nouveaux déchets. Les récupérateurs se précipitent vers chaque nouvelle cargaison dans l’espoir de trouver du plastique, du métal ou d’autres objets recyclables. Sans équipements de protection, ils évoluent au milieu des fumées et des déchets en décomposition.
Pour les professionnels de santé, cette situation représente un véritable risque pour les populations vivant à proximité de la décharge. Un médecin rencontré sur place s’inquiète des conséquences de cette exposition permanente.

« La santé des habitants est menacée à cause de cette fumée toxique que dégage quotidiennement la montagne d’ordures. Les infections pulmonaires et respiratoires se multiplient chez les enfants et les adultes qui viennent régulièrement se faire soigner. »
Face à cette situation, les autorités locales disent avoir entrepris plusieurs démarches pour attirer l’attention des pouvoirs publics. M. Keïta, le chef de quartier affirme que plusieurs correspondances ont été adressées aux autorités compétentes.

« Les démarches administratives que nous avons eu à mener pour que l’État puisse nous aider à pallier ce fléau ont d’abord consisté à écrire à la mairie, au gouvernorat et même au ministère de l’Administration du territoire, qui était chargé de l’assainissement. »
Sur les lieux, les habitants espèrent désormais des solutions durables. Beaucoup souhaitent voir la décharge assainie afin de réduire les nuisances et de protéger la santé des riverains.

À Dar-Es-Salam, la montagne d’ordures continue de grandir au fil des jours. En cette saison des pluies, les déchets, les fumées et les eaux de ruissellement rendent le quotidien encore plus difficile pour les habitants. Derrière cette décharge à ciel ouvert, des familles vivent dans l’espoir de voir leur environnement s’assainir et leur cadre de vie s’améliorer.
Thierno Abdoulaye Diallo et Mohamed Sylla , stagiaires pour Laguinee.info.





