En cette saison des pluies, circuler sur la route nationale reliant Conakry à Coyah est devenu une véritable épreuve pour de nombreux usagers. Les nids-de-poule, les eaux stagnantes et les embouteillages ralentissent fortement la circulation. Chauffeurs, motocyclistes et responsables du transport dénoncent une situation qui, selon eux, complique leurs déplacements et augmente les risques d’accidents.

Sous un ciel couvert, la circulation est déjà dense sur la route nationale Conakry–Coyah. Les moteurs tournent au ralenti. Les klaxons résonnent dans tous les sens. Les véhicules avancent difficilement, puis s’arrêtent quelques instants avant de repartir de quelques mètres seulement.
À plusieurs endroits, de larges flaques d’eau recouvrent complètement la chaussée. Les conducteurs ralentissent avant de les traverser, sans toujours savoir ce qui se cache sous l’eau. Les motos se faufilent entre les voitures, tandis que les camions occupent une bonne partie de la route. Les embouteillages s’allongent progressivement.

Sur certaines portions, les nids-de-poule obligent les automobilistes à quitter leur voie pour éviter les parties les plus dégradées. Chaque ralentissement provoque une longue file de véhicules derrière eux.
Pour de nombreux usagers rencontrés sur place, cette situation est devenue habituelle, surtout pendant l’hivernage.

Parmi eux figure Mory Doumbouya, taxi-motard. Casque à la main, il attend des clients tout en observant la circulation.
Selon lui, l’état de la route rend son travail de plus en plus difficile:
« Depuis plusieurs mois, nous souffrons à cause du mauvais état de la route. Avec l’hivernage, c’est devenu encore plus compliqué », affirme-t-il.
En montrant une importante flaque d’eau qui occupe une partie de la chaussée, il évoque également les accidents qui, selon lui, surviennent régulièrement.
« Les accidents deviennent fréquents. Il ne se passe presque pas une semaine sans qu’un accident ne soit enregistré entre ici et Coyah », ajoute-t-il.

À quelques kilomètres de là, au siège local des transporteurs, Mohamed Kourouma, responsable syndical, suit également l’évolution de la situation.
Il reconnaît que des travaux ont été réalisés sur certains tronçons de la route, mais estime que plusieurs parties restent fortement dégradées.
« Nous saluons les travaux réalisés sur certaines parties de la route, mais plusieurs sections restent fortement dégradées », déclare-t-il.
Selon lui, les difficultés ne concernent pas uniquement la circulation.
« Elles endommagent aussi les véhicules et compliquent énormément le travail des conducteurs », poursuit-il.
Pour les transporteurs, les dépenses liées à l’entretien des véhicules augmentent au fil des mois. Les suspensions, les pneus et d’autres pièces mécaniques sont régulièrement soumis à rude épreuve à cause de l’état de la chaussée.

Au volant de son taxi, Thierno Mamadou effectue chaque jour plusieurs rotations entre Conakry et Coyah. Comme beaucoup de chauffeurs, il connaît presque chaque portion de cette route.
« De Madina jusqu’à Coyah, la route est très dégradée. Presque chaque carrefour est abîmé et les embouteillages nous font perdre beaucoup de temps », explique-t-il.
Selon lui, les ralentissements influencent également les recettes quotidiennes des chauffeurs, car ils réduisent le nombre de voyages pouvant être effectués dans une même journée.

Tout au long de cet axe routier, les traces de la dégradation sont visibles. Les eaux stagnantes remplissent les creux laissés par les nids-de-poule. Les automobilistes roulent avec prudence pour éviter d’endommager leurs véhicules, tandis que les motocyclistes cherchent un passage entre les files de voitures.
À certains endroits, un simple ralentissement suffit pour provoquer plusieurs centaines de mètres d’embouteillage. Les usagers restent parfois immobilisés de longues minutes avant de reprendre leur trajet.

Pour les riverains comme pour les conducteurs, cette route représente aujourd’hui bien plus qu’un simple axe de circulation. Elle conditionne les déplacements quotidiens, les activités économiques et le transport des marchandises entre Conakry et Coyah.
En cette période d’hivernage, les usagers disent redouter chaque nouvelle pluie, qui rend la circulation encore plus difficile.
Ils espèrent une réhabilitation durable de cette route afin d’améliorer les conditions de déplacement et de réduire les risques d’accidents.

En attendant, chaque trajet entre Conakry et Coyah demande davantage de patience. Derrière les longues files de véhicules, les nids-de-poule et les eaux stagnantes, les usagers continuent de lancer le même appel : pouvoir circuler dans de meilleures conditions sur l’un des axes routiers les plus fréquentés de la capitale.
Sékouba Léno, Stagiaire pour Laguinee.info





