Le débat politique autour du limogeage du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko continue de susciter des réactions au sein des militants du PASTEF dans plusieurs pays de la sous-région. En Guinée, Mamadou Diop, responsable du Pastef Guinée et ancien tête de liste aux élections législatives pour la zone Afrique de l’Ouest, estime que les tensions entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye seraient liées à des divergences sur la gouvernance et la gestion des ressources publiques. C’était à l’occasion d’un entretien accordé à Laguinee.info à travers un de ses reporters.
Des désaccords autour des engagements politiques
Depuis plusieurs jours, les discussions autour de la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre occupent une place importante dans l’actualité politique sénégalaise.
Pour Mamadou Diop, les divergences porteraient principalement sur le respect des engagements pris devant les électeurs lors de l’accession au pouvoir du PASTEF.
« Nous avons vendu un projet au peuple sénégalais et nous devons respecter nos engagements en ce qui concerne la reddition des comptes, la justice pour nos martyrs sacrifiés pour le peuple sénégalais, une meilleure organisation dans l’utilisation des fonds politiques et des réponses concrètes aux attentes de la population sénégalaise », affirme-t-il en rapportant la position défendue par Ousmane Sonko.
Le responsable du Pastef Guinée affirme également que certains sujets sensibles seraient devenus difficiles à aborder au sommet de l’État.
« Malheureusement, le président ne veut pas que l’on parle de certains de ces sujets », soutient-il.
La question des fonds secrets au cœur des débats
Parmi les principaux points de divergence évoqués figure la gestion des fonds secrets alloués à la présidence de la République.
Selon Mamadou Diop, Ousmane Sonko plaiderait pour davantage de contrôle et de transparence dans l’utilisation des ressources publiques.
« En ce qui concerne les fonds secrets accordés au président de la République, M. Ousmane Sonko pense qu’il est inadmissible que des milliards soient gérés sans contrôle », explique-t-il.
Pour ce cadre du PASTEF, cette position s’inscrit dans la continuité des principes de bonne gouvernance défendus par le mouvement politique depuis plusieurs années.
« Nous apprécions cette position parce qu’elle correspond aux valeurs de bonne gouvernance que nous avons proposées aux Sénégalais avant notre arrivée au pouvoir », ajoute Mamadou Diop.
Un appel à plus de traçabilité
Le responsable politique précise toutefois que le camp de Ousmane Sonko ne remet pas en cause l’existence de fonds liés à la sécurité nationale ou au secret défense.
« Nous pensons que certains fonds sensibles liés à la sécurité ou au secret de défense peuvent exister », indique-t-il.
Il insiste cependant sur la nécessité de mettre en place des mécanismes de contrôle et de traçabilité afin d’éviter tout abus dans la gestion de ces ressources.
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par de fortes attentes populaires au Sénégal, où les questions de transparence, de gouvernance et de stabilité institutionnelle occupent une place centrale dans le débat politique.
IAC, pour Laguinee.info





