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Cheikh Yérim Seck : quand la plume vénale se prend pour une conscience

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Libre Opinion. Un journaliste condamné, expulsé, et plusieurs fois mis en cause pour mercenariat médiatique s’arroge le droit de prédire la chute d’un chef d’État souverain. Sans preuve. Sans source. Depuis un pays frère. Cette dérive ne peut plus rester sans réponse.

Il est des personnages que l’histoire de la presse africaine aurait mieux fait de laisser dans l’ombre. Cheikh Yérim Seck est
de ceux-là. Cet ancien collaborateur de Jeune Afrique, reconverti en fondateur de sa propre plateforme numérique, Yerimpost,
s’est taillé au fil des années une réputation pour le moins singulière
: celle d’un homme qui vend sa plume au plus offrant et qui, lorsque le marché se ferme à lui, retourne celle-ci contre ses anciens clients contre ceux qui ont refusé de payer. La Guinée, aujourd’hui, en fait la douloureuse expérience.
Le 22 avril 2026, depuis le confort de son bureau de Dakar, Yérim Seck diffuse sur la plateforme Senegal7 une chronique au titre aussi « amboyant qu’irresponsable : « Fin très proche du régime Doumbouya
en Guinée ». Puis, le 2 mai, il récidive avec une nouvelle publication
intitulée « Les cafards dans les placards de Doumbouya & co ». Aucune
source véri!able. Aucun document. Aucune preuve. Juste des assertions péremptoires, des invectives habillées en révélations, et la certitude hautaine d’un homme convaincu que l’impunité lui est acquise. Cette tribune a pour but de rappeler, faits à l’appui, qui est
réellement Cheikh Yérim Seck, et ce que sa conduite dit de l’état de certaines pratiques dans le journalisme ouest-africain.
Un passé judiciaire qui parle pour lui
Avant de prétendre juger les autres, il convient d’examiner celui qui se pose en juge. Et le bilan de Cheikh Yérim Seck, à cet égard, est
édifiant. En 2012, il est condamné au Sénégal dans une affaire de mœurs — accusé de viol sur la personne de l’étudiante Ndèye Aïssatou Tall. Il passe seize mois en prison avant de recouvrer la liberté
en 2014. Ce fait, gravé dans les annales judiciaires sénégalaises, sufirait à lui seul à interroger la crédibilité morale d’un individu quiprétend aujourd’hui donner des leçons d’éthique gouvernementale
à des nations entières.
Mais les déboires judiciaires de Yérim Seck ne s’arrêtent pas là. En 2020, il est placé en garde à vue, puis déféré au parquet pour diffusion de fausses nouvelles dans l’affaire Batiplus, impliquant la famille Farès. Inculpé et placé sous contrôle judiciaire, il n’est pas encore sorti de cette procédure quand éclate une nouvelle affaire : celle d’un avortement présumé, dans laquelle il aurait engrossé une mineure avant de lui remettre de l’argent pour mettre fin à la grossesse.

Le scénario se répète : accusation, dénégation, et ce sentiment persistant que la justice sénégalaise a affaire à un récidiviste
des écarts.
« Au Sénégal, son nom reste attaché à plusieurs scandales et a!aires judiciaires qui ont durablement fragilisé sa crédibilité. L’affaire de mœurs de 2012 a
marqué un tournant dans son image publique. Plus tard sont venues l’affaire Batiplus, les accusations de diffusion de fausses nouvelles, les plaintes pour
diffamation. »
Le mercenariat de la plume : un mode opératoiredocumenté
Ce qui distingue Cheikh Yérim Seck d’un simple journaliste aux mé-
thodes discutables, c’est la cohérence troublante de son modèle
économique. Partout où il a exercé, le même schéma se répète : approcher des dirigeants, des hommes d’affaires ou des personnalités
politiques, leur proposer une couverture favorable en échange d’une rétribution financière, et, en cas de refus, retourner sa plume contre eux. Ce n’est pas une accusation sans fondement — c’est une
réalité documentée par plusieurs de ses interlocuteurs directs.
Le témoignage le plus accablant vient de Moussa Dadis Camara lui-même, l’ancien président de la transition guinéenne. Dans l’émission Le Franc Parler du 4 mai 2026, il a publiquement qualifié Yérim
Seck d’escroc et révélé que ce dernier lui avait demandé 500 000 dollars par trimestre pour « redorer son image ». Devant ce refus,
Dadis déclare l’avoir chassé de son bureau. Ce récit éclaire d’une lumière crue la campagne actuelle contre le Président Mamadi
Doumbouya : elle ne relève pas de la liberté de la presse. Elle ressemble trait pour trait à une opération de déstabilisation commanditée par ceux qui ont accepté de payer ce que Conakry a refusé. La Guinée, d’ailleurs, a déjà eu affaire à ce procédé. Yérim Seck avait
créé dès 2010 un site internet qu’il utilisait comme levier de pression, passant de bureau en bureau à Conakry pour solliciter des appuis financiers en échange de publications favorables. L’épisode
s’est terminé par son expulsion pure et simple du territoire guinéen.
Aujourd’hui, depuis Dakar, il reprend sa rançon là où il l’avait laissée — mais cette fois à distance, et avec la liberté que lui confère la
frontière.
Ni journaliste, ni analyste : le règlement de
comptes déguisé en analyse
Un journaliste digne de ce nom documente, confronte ses sources,
offre un droit de réponse, et surtout, met les pieds sur le terrain qu’il
prétend couvrir. Cheikh Yérim Seck ne fait rien de tout cela. Il profère, assène et condamne depuis Dakar, sans jamais avoir vérifié sur
place ce qu’il prétend révéler. Ses propres déclarations biographiques sont éloquentes : la Guinée n’est pour lui qu’un terrain
d’exploitation qu’il a fréquenté entre 1995 et 2000 pour y faire carrière et y percevoir des revenus. Aujourd’hui que ce marché lui est
fermé, il le dénigre. C’est moins du journalisme que de la vengeance commerciale.
Le porte-parole du gouvernement guinéen, Ousmane Gaoual Diallo,
a été on ne peut plus clair dans sa réponse : les propos de Yérim Seck« ne relèvent pas du journalisme, mais de la diffamation ». Il a éga-
lement réaf!rmé l’attachement de la Guinée à ses relations fraternelles avec le Sénégal, fondées sur le respect mutuel, tout en marte-
lant que « la désinformation n’a pas sa place entre peuples frères ».
Ces mots ne sont pas de la rhétorique. Ils traduisent une réalité di-
plomatique concrète que les autorités sénégalaises auraient intérêt
à prendre au sérieux.

« Ce n’est pas du journalisme. C’est un règlement de comptes déguisé en analyse politique — l’ultime
manifestation d’une rancune qui n’a pas trouvé
preneur. »
— M O RY CO N D É , M O S A Ï Q U E G U I N É E , AV R I L 2 02 6
La question diplomatique que Dakar ne peut
ignorer
L’affaire dépasse la personne de Cheikh Yérim Seck. Elle pose une
question de fond sur la responsabilité d’un État lorsque l’un de ses
ressortissants utilise son territoire comme base de déstabilisation d’un pays voisin et ami. La Guinée et le Sénégal entretiennent des
relations historiques forgées dans la fraternité, la proximité géographique et les liens humains profonds qui unissent leurs peuples.Ces relations ne peuvent être otages des excès d’un individu dont la crédibilité a été mise à mal par ses propres concitoyens.
Le Président Bassirou Diomaye Faye, qui incarne une nouvelle ère
de gouvernance au Sénégal fondée sur la transparence et l’exigence
éthique, se doit d’agir. Non pas pour museler la presse — la liberté d’expression est un bien précieux — mais pour rappeler qu’il existe
une frontière nette entre la liberté de la presse et l’instrumentalisation d’une plateforme médiatique à des fins de déstabilisation poli-
tique d’un État souverain. Cette frontière, Cheikh Yérim Seck l’a al-
lègrement franchie.
Le juriste Kalil Camara l’a rappelé avec clarté : les accusations de
diffamation visant des autorités étrangères relèvent d’un cadre lé-
gal précis. Il reviendrait aux autorités guinéennes d’emprunter la
voie diplomatique en saisissant of!ciellement la justice sénégalaise.
Une telle démarche s’inscrirait dans la logique du droit internatio-
nal et permettrait à la justice sénégalaise, reconnue pour son indépendance, d’apprécier les faits avec le sérieux qu’ils méritent.
La Guinée avance, les calomnies ne la ralentissent pas il est un autre aspect que Yérim Seck s’acharne à ignorer — sans
doute parce qu’il contredit l’ction qu’il vend : la réalité d’une Guinée en marche. Le 18 avril 2026, quatre jours seulement avant la
chronique venimeuse de Seck, le Président Mamadi Doumbouya
recevait le Super Prix Grand Bâtisseur 2026 aux Africa Roads & Bridges Awards, distinction internationale qui consacre un effort de
construction d’infrastructures sans précédent dans l’histoire récente du pays. Quelques semaines plus tôt, des élections présiden-
tielles avaient plébiscité le chef de l’État avec plus de 86 % des suffrages. Ces faits sont têtus.
Une Guinée dont le chef de l’État serait au bord de la chute ne reçoit pas des prix internationaux. Un régime illégitime remporte pas
des élections avec une telle adhésion populaire. Yérim Seck le sait.
C’est précisément pourquoi ses sorties médiatiques ne s’en-combrent ni de faits ni de preuves : elles sont construites pour
l’émotion instantanée et les réseaux sociaux, pas pour résister à
l’analyse.
En guise de conclusion : l’éthique ne se monnaye
pas
Cheikh Yérim Seck n’est pas une victime de la censure. Il estle produit de ses propres choix : celui de monnayer sa
plume, celui de publier sans preuves, celui d’attaquer des
dirigeants depuis un territoire étranger en sachant que la distance le protège. Le journalisme africain a produit des
figures immenses, des hommes et des femmes qui ont payé
de leur liberté, parfois de leur vie, le droit de dire la vérité.
Yérim Seck n’est pas de cette lignée.
À ceux qui, au Sénégal, partagent les valeurs de rigueur et
d’honnêteté intellectuelle qui fondent le vrai journalisme,
nous disons : ne laissez pas cet homme parler en votre nom.
À Dakar comme à Conakry, nos peuples méritent mieux que
des plumes mercenaires déguisées en consciences libres.
Et à Cheikh Yérim Seck, nous adressons le seul dé! qui vaille
: apportez une seule preuve. Une seule source véri!able. Un
seul document.

Camara Ibrahima Sory (CIS)

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